Jamais…

23 décembre 2011 at 10:33 (Hors catégorie)

Enfant, j’adorais Noël. Les décorations, les lumières, tous ces cadeaux qui apparaissent un beau matin comme par magie parce que j’avais été sage (hum !)…

Un vieux bonhomme barbu venait soi-disant les apporter durant mon sommeil. Puis, un jour, j’ai fini par savoir qui c’était. Toutefois, pendant quelques années encore, j’ai trouvé des présents au pied du sapin. En petite curieuse/impatiente que j’étais, je me demandais où elle les planquait en attendant le jour de pouvoir me les offrir. C’était devenu une sorte de jeu, un défi, entre elle et moi.

Je n’ai jamais trouvé la cachette. Pourtant, l’appartement n’était pas grand. Peut-être aussi que je ne voulais pas réellement savoir.

Elle n’est plus depuis longtemps et cette question est remontée à la surface de mes souvenirs. Et je réalise qu’elle restera à jamais sans réponse…

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Le mythe de l’âge d’or… ‘fin, de l’âge plaqué or

19 décembre 2011 at 14:33 (Billets d'humeur (bonne ou de chien si j'ai pas fait ma grass' mat'))

Les idées reçues ont la vie dure. C’est normal puisque ce sont des réponses toutes faites qui nous évitent de regarder plus loin que le bout de notre nez et ça nous rassure. C’est pas une critique, c’est humain. Comme tout être vivant, nous sommes programmés pour rationaliser nos dépenses énergétiques.

Mais moi, elles me gavent un peu tout de même.

En ce moment, l’une d’elles qui me revient souvent dans les oreilles, c’est que « la vie de couple, c’était bêêêêllement têêêêllement mieux avant ».

Alors déjà, j’aimerais bien qu’on me précise quand exactement. C’est quoi « avant » ? Durant la préhistoire ? En l’an de grâce 1314 ? Il y a 50 ans ? Et puis, qu’on me dise aussi « comment » c’était mieux. Oui, je sais : je suis chiante, j’aime les faits concrets. Mea culpa.

Quand on creuse un peu la question avec les tenants de cette théorie, ceux-ci évoquent une période temporelle indéterminée où les couples respectaient jusqu’à la mort les vœux d’amour et de secours prononcés lors du mariage.

Tiens, c’est bizarre. Je n »ai jamais entendu parler de cette ère paradisiaque, moi. D’ailleurs, d’après les reliquats de mes connaissances en Histoire, la prise en compte de l’amour dans le couple est un phénomène plutôt récent. Jusqu’au 20ème siècle (et j’oserais presque dire : jusqu’à la deuxième moitié du 20ème siècle), le mariage était une institution à vocation purement religieuse et donc sociale. Comme c’est encore le cas aujourd’hui au sein d’autres cultures aux mœurs plus traditionnelles. On se mariait pour perpétuer la lignée, pour transmettre le patrimoine… D’ailleurs, les familles étaient fortement impliquées dans le processus. Soit les parents s’occupaient d’organiser de A à Z l’union de leur progéniture jusque dans le choix du partenaire, soit, dans les cas les plus heureux, il fallait au minimum obtenir leur aval. Et l’amour dans tout ça ? Ben, c’était juste un bonus tout à fait aléatoire pour les conjoints qui avaient de la chance et rien de plus. C’en était au point que celui ou celle qui ne trouvait pas (ou pour qui on ne trouvait pas…) chaussure à son pied était relégué au ban de la société. Une sorte de paria infertile, donc sans intérêt et sans avenir. Eh oui ! Il n’était pas bon de finir vieille fille ou du vieux garçon, autrefois. Aujourd’hui, c’est une situation, voire même un choix, relativement toléré même si toujours dérangeant aux yeux de certains. « Avant », c’était une tare, tout simplement.

Alors, vous trouvez qu’il y a toujours de quoi être nostalgique ?

Dans ce contexte, il est bien évident que la dissolution d’une union relevait de l’inconcevable ou du moins de l’exceptionnel. Et, dans ce cas, bonjour la mise à l’écart aussi, surtout si l’initiative venait de la femme. L’assassinat… Le veuvage était donc généralement la seule possibilité de délivrance. Ou les relations extra-conjugales, encore une fois uniquement pour les plus chanceux (ou les plus audacieux). Et bien entendu, elles étaient socialement mieux tolérées pour monsieur que pour madame, hypocrisie et nécessité de garantir la paternité obligent.

Je sais pas vous, mais moi, ça ne me fait toujours pas tripper, ce passé merveilleux.

Mais bref, continuons…

En fait, si on y regarde de plus près, on constatera que l' »épidémie » de « divorcite » a commencé à la fin des années soixante-dix. Après la deuxième guerre mondiale, probablement en réaction à celle-ci, les mœurs évoluent grandement. On entre dans une nouvelle ère : celle, croissante, de l’individualisation. Les femmes relèvent l’échine, poussent une bonne gueulante et acquièrent enfin des droits (j’en profite pour préciser que le fait d’aller travailler n’en fait pas partie parce que trimer, en réalité, elles le font depuis des lustres. Le mythe pseudo historique de la femme au foyer qui s’occupe uniquement de sa progéniture en attendant que « chéri » lui file sa paie est au moins aussi infondé que celui du mariage heureux). L’épouse est enfin reconnue comme une personne majeure (au sens juridique du terme) au sein de son couple. Elle peut par exemple ouvrir et gérer son propre compte en banque sans demander l’autorisation de son mari, fonder une entreprise à son nom, recevoir un salaire correct (même si pas encore égal à celui des hommes) etc… Probablement parce que c’est dans l’air du temps, la législation sur le divorce est revue également.

Du coup, forcément, bobonne s’affirme et prend petit à petit les rênes de sa vie en main. Il est fini, le temps où elle devait encaisser sans autre choix. Désormais, elle s’octroie le luxe d’envoyer valdinguer pépé quand elle en a marre de sa pomme. De même, pépé se dit que bobonne s’en sortira très bien sans lui et il s’octroie lui aussi le bonheur de l’envoyer sur les roses quand elle commence à lui pomper l’air un peu trop. Alors oui, aujourd’hui, on divorce ou on se sépare à tire larigot mais crévindiou !, au moins on n’est plus obligé de subir ! On peut (re)vivre !

Tiens, je sais pas vous mais moi, être libre de choisir, ça me parle beaucoup plus que de me soumettre aveuglement à des contraintes sociales, religieuses et tutti quanti. Certains passéistes objecteront encore cette évolution a entraîné une déliquescence des mœurs, que nous ne savons plus nous battre pour les « vraies » valeurs. A ceux-là, je demanderai en quoi les leurs, qui riment avec contraintes (et donc souvent frustration), sont meilleures que celles qui riment avec épanouissement ; en quoi le sacrifice du bien-être individuel au niveau marital apporte un plus à la société. De nos jours, beaucoup (et parmi eux des professionnels tels que des psys ou autres) s’accordent pour dire que mieux vaut une bonne rupture qu’une mauvaise union. Même pour les enfants. Puis, je leur rétorquerai encore que tenter d’être heureux(se), quelque soit le chemin que nous choisissons d’emprunter, c’est une valeur qui mérite qu’on lutte. Et âprement !

En fait, si ça se trouve, ce fameux âge d’or que tant regrettent, nous sommes en plein dedans et comme d’habitude, on ne s’en apercevra que quand il sera derrière nous…

***

Pour être honnête, je pense tout de même avoir une petite idée de la période à laquelle se réfèrent les nostalgiques. Il s’agit probablement des Golden Sixties où la prospérité économique, aussi fulgurante que fugace, a permis brièvement à de nombreux mâles d’assumer seuls l’aspect financier du foyer. Et où la femme n’était pas encore culturellement ni juridiquement émancipée. De cette époque glorieuse, quelques couples subsistent encore aujourd’hui. Parmi eux, peut-être vos parents. Mais au-delà de l’image d’Épinal (renforcée par des séries télé comme « Ma sorcière bien aimée », pour parler de la plus connue de ce côté de l’Atlantique), je me demande bien ce que ces braves gens raconteraient si on les laissait s’exprimer à huis clos. Certains seraient peut-être très heureux d’en être arrivés là, je n’en doute pas. Mais d’autres exprimeraient certainement aussi des souffrances et des regrets, des vies bâties sur les apparences et les non-dits. Des existences gâchées… Non, vraiment très peu pour moi !

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La trentaine, la fin de l’amour ?

16 décembre 2011 at 11:06 (Billets d'humeur (bonne ou de chien si j'ai pas fait ma grass' mat'))

(NDLGG : Avant de débuter ce billet, un petit rappel : je n’ai aucune prétention comme psy ou sociologue. Cet article est le fruit de réflexions perso basées uniquement sur mon observation et mon ressenti, donc forcément ni exhaustif ni objectif.)

Oui, je sais : voilà un titre bien mélodramatique. Mais depuis mon arrivée dans l’univers des célibataires, je constate à force de discuter, que parmi les gens de ma génération, nombre d’entre-eux (et je m’inclus dans le lot) ne souhaitent pas (ou plus) spécialement fonder un vrai couple.

Les raisons de cette frilosité sont multiples. En voici quelques-unes que j’ai entendues : il y a ceux qui ont déjà vécu cette aventure « traumatisante » et qui ne sont pas prêts à remettre le couvert de si tôt, ceux qui luttent toujours contre les réminiscences d’un passé pas vraiment heureux et qui ne sont donc pas dans les conditions pour partager leur vie et puis, il y a aussi le fait que beaucoup ont atteint une certaine plénitude dans leur existence (un bon boulot, une maison, un ou plusieurs mômes, la plupart du temps en garde partagée) et qu’ils n’ont pas envie de bouleverser cette situation bien confortable pour un(e) intrus(e), potentiellement porteur(se) de troubles.

Du coup, il me semble qu’à la trentaine, les relations alternatives (plans cul, sex friending plus ou moins « sex »/plus ou moins « friend », selon les convenances des partenaires) deviennent de plus en plus répandues.

A mon sens, cette évolution des mœurs a au moins le mérite d’éclairer le sentiment amoureux sous un autre jour. En effet, une fois qu’on est arrivé à un stade de sa vie où on a décidé qu’on n’a plus besoin à tout prix de la présence continuelle de quelqu’un à ses côtés pour se réaliser, une fois que la crainte de se planter a remplacé – au moins pendant un temps – l’espoir de reconstruire, que reste-t-il comme motivation valable à la fondation d’une relation amoureuse profonde ? Si celle-ci naît et parvient à grandir dans ces conditions, c’est que les deux partenaires en présence doivent être réellement charmés l’un par l’autre. Ou que le besoin de s’unir correspond peut-être à leur tempérament intrinsèque, tout simplement.

Il n’empêche… J’espère bien ressentir un jour à nouveau ces délicieux petits papillons qui chatouillent le ventre et avoir envie de vivre une vraie histoire avec quelqu’un, même sans objectif particulier. Juste parce que ce sera lui et que ce sera moi…

Ça y est,  je viens de faire mon coming out : je suis affreusement romantique et maso !

Argh !

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Le défi…

17 novembre 2011 at 17:17 (Amours de femmes, Liberty, libertine...)

Elle était assise dans le noir, pensive, la tête entre les mains, éclairée par la seule lumière de l’écran.

Il lui avait lancé un défi : il voulait qu’elle écrive un texte érotique. C’était une grande première pour elle. Un exercice difficile de surcroît. Outre le fait de dépasser sa timidité, il lui faudrait éviter les pièges inhérents à ce genre : la vulgarité, les descriptions chirurgicales peu sensuelles et enfin la banalité car bien souvent l’histoire n’est qu’un prétexte pour amener l’action.

***

A la recherche de l’inspiration, elle alla jeter un œil sur le blog qu’il gérait. Cela faisait quelques semaines maintenant qu’elle suivait fidèlement ses publications. Elle aimait son écriture fluide, et précise, son imagination fertile. Il n’hésitait pas non plus à employer des mots crus, à décrire des scènes violentes ou à parler de sexe sans fard. Et cela l’excitait. Cela renforçait l’image virile qu’elle se faisait de lui.

Elle avait appris à le découvrir un peu à travers ses récits. Il leur était arrivé également de correspondre de manière plus privée mais cela restait assez épisodique. Elle n’aimait pas parler pour ne rien dire et il n’était pas non plus du genre bavard. Et puis, pourquoi se presser ? Ils avaient tout le temps du monde pour apprendre à se connaître.

Elle redressa le buste en souriant. Ça y est ! Elle la tenait, son idée…

Alors, ses doigts se mirent à courir sur le clavier et elle raconta. Elle lui raconta. L’effet que produisait sur elle ses nouvelles. Combien son écriture la faisait fantasmer, combien elle donnerait cher pour être l’une de ses héroïnes ; qu’il la caresse avec rudesse sous l’emprise de la passion, qu’il la prenne avec ardeur sans dire un mot…

Elle lui révéla comment, lors de sa dernière lecture, elle avait remonté sa nuisette et entrouvert les jambes. Qu’elle avait humecté ses doigts de salive, que sa main était descendue lentement le long de son corps ; que, de l’autre, elle avait entrepris de se caresser voluptueusement les seins, pinçant leurs extrémités jusqu’à les sentir se dresser.

Elle lui raconta le soupir d’aise que ses doigts polissons lui avaient arraché quand elle les avait faits pénétrer en elle ; la montée de son désir qui avait abondamment humidifié son entrecuisse ; son bouton qu’elle avait titillé longuement au gré des sensations et de son envie et enfin, la vague de plaisir qui avait finit par lui submerger le bas-ventre.

***

Elle savait le pouvoir que les mots avaient sur lui. Elle savait que sa queue raidirait lorsqu’il lirait sur son blog à elle ce court récit par lequel elle lui dévoilait son attirance. Révélation offerte à ses yeux mais aussi au tout venant. Car ce texte serait public. Mais lui seul pourrait s’identifier comme en étant le destinataire. Démarche totalement impudique et d’autant plus troublante, mélange subtil de fiction et de réalité… Elle savait qu’il se sentirait mal à l’aise d’être ainsi instrumentalisé. Mais elle était espiègle et aimait trop jouer. Il l’avait défiée, elle avait relevé le gant.

Elle se relut une dernière fois et, en jubilant, cliqua sur le bouton « Publier ».

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Solitudes…

11 novembre 2011 at 12:23 (Amours de femmes)

La sonnerie du GSM la fit sursauter malgré elle. C’était idiot, elle s’attendait à son appel. Elle décrocha et prononça un « Allô ? » quelque peu intimidé mais souriant. Une voix masculine, bien plus assurée que la sienne, enjouée presque, lui répondit, brisant la quiétude de la nuit.

Ils correspondaient depuis plusieurs semaines par le biais d’un site internet. Leurs échanges, d’abord sporadiques, étaient devenus plus soutenus. Il était devenu évident qu’elle lui plaisait et qu’il recherchait sa compagnie. Elle, au contraire, n’envisageait rien de plus avec lui qu’une relation amicale. Ce n’était pas un homme pour elle, elle le savait. Mais leurs discussions étaient néanmoins agréables. Ce soir-là, il lui dit qu’il en avait assez de causer à un écran : « C’est tellement froid, impersonnel. Je peux te téléphoner ? » Elle hésita. Parler de vive voix, c’est devenir plus intime. Mais finalement, elle céda et lui donna son numéro.

Un bref instant, elle s’était demandée si le changement de média allait briser le charme mais finalement, il n’en fut rien. Il était très volubile et il lui confia ses rêves, ses projets, ses espoirs. Jusqu’ici, il n’avait pas rencontré de femme avec qui fonder un foyer, avoir un enfant. Il rénovait sa maison et y aménageait une chambre pour un hypothétique bébé : « On ne sait jamais. Au moins, si ce jour arrive, tout sera prêt »…

Un homme, une femme, dans la nuit. Deux solitudes dans l’infini. Que tout pourrait réunir et pourtant…

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La condamnation

25 août 2011 at 15:09 (Amours de femmes)

Les yeux grands ouverts, couchée dans son lit, elle fixait le plafond dans la nuit noire. Demain serait le dernier jour de son existence. Elle n’allait pas mourir, non. Mais sa vie allait tout de même très certainement s’arrêter. La tension était insoutenable et pourtant, cela faisait des semaines qu’elle la supportait. Par moment, elle aurait donné tout ce qu’elle avait pour que le temps s’accélère et que ce soit enfin terminé. A d’autres, elle aurait aimé pouvoir de le figer, que tout reste inchangé pour l’éternité… L’esprit vide devant le constat de son impuissance, elle ferma les yeux. Finalement, la fatigue l’emporta sur l’angoisse et, sans en avoir réellement conscience, elle sombra dans un sommeil agité et sans rêves.

***

La voix de stentor de l’huissier résonna dans la salle : « Mesdames et messieurs, la Cour ! »

Stimulée par le stress, elle réagit brusquement et se leva du banc avec un élan qui surprit son avocat. Elle portait un tailleur strict et sombre. De part sa manière de se tenir, on devinait au premier regard que ce n’était pas sa mise habituelle.

Les quelques personnes présentes dans la salle se rassirent. La juge balaya l’audience du regard, rehaussa ses lunettes et annonça : « Nous allons à présent passer à la lecture du jugement. Je demande le silence. »

Alors, sur un ton monocorde, elle commença sa litanie.

« Tribunal correctionnel de Bruxelles, audience publique du 14 février 2011, en cause le Ministère Public contre Madame X, prévenue d’être tombée sottement amoureuse d’un voyou condamné ce jour à 2 ans d’emprisonnement sans sursis pour divers délits, Madame la Présidente prononce le jugement suivant : vu les pièces de la procédure, entendu le Ministère Public en ses réquisitions, attendu que la prévenue n’a pas eu le bon sens de mettre un terme à cette liaison alors qu’elle est pleinement consciente des tourments conséquents à sa fidélité aveugle, attendu la naïveté de la prévenue qui a été retenue comme circonstance atténuante, par ces motifs le Tribunal, statuant, condamne par extension du sort Madame X à 2 ans d’emprisonnement sans sursis. La prévenue pourra néanmoins purger sa peine à domicile, celle-ci se limitant à attendre patiemment et sagement la libération de son égocentrique conjoint. Elle sera également autorisée à entretenir avec lui une correspondance et à lui rendre visite pendant la durée de son incarcération. De même, elle pourra encore lui apporter le soutien financier nécessaire à l’adoucissement de ses conditions de détention ».

Son avocat lui tapota sur le bras : « C’est fini, Madame. Vous pouvez rentrer chez vous et prendre vos dispositions. »

Arrivée à la maison, elle se laissa choir dans le canapé et pleura longuement. Quand elle eut enfin terminé, elle chercha les coordonnées de l’établissement pénitentiaire où il avait été envoyé et composa le numéro sur son portable : « Bonjour, j’aimerais connaître les horaires des visites à carreau et autres renseignements utiles… »

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Les goûts et les couleurs… et les décos de jardin

12 août 2011 at 20:17 (Près de chez moi...)

Dans un précédent article, j’avais évoqué le cas d’un magasin de lingerie, situé dans la ville où j’habite et qui avait attiré mon attention. Mais ce n’est pas la seule curiosité du coin. Allez comprendre pourquoi (la sociologie a encore de l’avenir, c’est moi qui vous l’dis), beaucoup de gens de ma région ont développé une passion pour les nains de jardin. Bien entendu, s’il ne s’agissait que de cela, je n’en ferais pas le sujet d’un billet. Les nabots moches en plastoc, on en trouve un peu partout, c’est d’une banalité affligeante. Mais ici, c’est tout un bestiaire délirant, absurde, kitsch à souhait, qui a vu le jour et qui a essaimé dans les jardins.

Je vous laisse apprécier…

Disnainland

Composition boculique du plus bel effet...

Par chez moi, y a pas que des nains dans les jardins. Y a aussi des aigles. L'histoire ne dit pas si les seconds bouffent les premiers.

Des oies de jardin...

Des chevals de jardin...

Des lézards de garage...

Des bustes romains, des moulins et des hiéroglyphes (les plaques sur les murs)... Me demandez pas le rapport entre les trois, hein !

Et enfin, le nec plus ultra : l'Atomium de jardin. Pour les Français qui ne connaîtraient pas, l'Atomium est un monument national belge, vestige de l'expo universelle de 1958. Là, en gros, c'est comme si vous exposiez une Tour Eiffel miniature sur votre pelouse. Ca vous viendrait à l'esprit, vous ? Moi non plus.

Mais où est le Front de Libération quand on a besoin de lui ???

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L’indulgence dans la blogosphère. Oui, mais pour quoi faire ?

24 juillet 2011 at 21:57 (Billets d'humeur (bonne ou de chien si j'ai pas fait ma grass' mat'))

Je ne suis pas une nana gentille. Mais je ne pense pas non plus être méchante : je n’aime pas faire du tort pour le plaisir. Je tiens bien trop à ma tranquillité pour ça !

Par contre, j’ai un sens de l’humour à la con. Il me semble que le terme le plus exact pour le qualifier serait “pince-sans-rire”.  Par exemple, quand je plaisante avec quelqu’un, j’aime beaucoup me lancer dans des allusions relevant parfois du plus pur sadisme alors qu’IRL, je suis incapable de faire du mal à une mouche (à un moustique, si. Je n’ai aucune pitié pour les moustiques, ces stupides bestiaux urticants ! Mais pas à une mouche).

Du coup, sur WordPress ou d’autres sites du genre, je suis naturellement attirée par des blogs où le second degré est roi. Bien évidemment, il n’est pas rare ni surprenant de trouver en ces lieux voués au cynisme des articles relevant de la parodie, voire caricaturant une catégorie de personnes. Parfois, c’est tout le blog qui est consacré à cette thématique. Parfois, ce sont quelques articles parmi d’autres.

En général, ces blogs annoncent très clairement la couleur. Pressentant sans difficulté les critiques dont ils vont être l’objet, les auteurs rédigent un avertissement en guise d’introduction (souvent avec un sens de l’auto-ironie assez prononcé d’ailleurs). Donc, en toute logique, si t’adhères pas au concept, tu zappes. Ou alors, tu gardes tes reproches pour toi. Mais évidemment, parce que le sens de la contrariété est l’une des composantes fondamentales de l’être humain, il y a toujours l’un ou l’autre défenseur de la veuve et de l’orphelin qui se sent obligé de la ramener malgré tout.

En gros, l’argumentaire du “gentil” se résume à ceci : “C’est vraiment pas bien de se moquer des gens comme ça. Ça ne sert à rien. C’est que de la haine, du mépris ! Ce monde de brutes est déjà assez cruel comme ça ! Au contraire, on aurait plutôt besoin d’amour !”. Puis, cette magnifique diatribe se conclut généralement par un “Et puis d’abord, tu t’es vu, toi ? Tu t’crois meilleur que les autres ?”.

En ce qui me concerne, je n’aurais qu’un seul reproche à faire aux auteurs de ces blogs. C’est qu’ils choisissent des cibles trop faciles. La plupart du temps, ce sont déjà des caricatures en elles-mêmes (de par leur comportement, je le précise. Il ne s’agit pas de moqueries liées au physique ou autre). Mais bon, le lecteur a largement de quoi être satisfait  par la mise en scène, généralement très à propos, des travers repérés.

Pour le reste, je me demande bien pourquoi on n’aurait pas le droit d’écrire de ce genre d’article, pourquoi on n’aurait pas le droit de se moquer.

Constat number one : que celui qui n’a jamais raillé autrui jette la première pierre. Tiens, y a pas foule, même chez les “gentils”. Comment c’est que cela se fesse ?

Deuxième constat : quand vous ouvrez un journal et que vous voyez la caricature d’un homme politique, ça vous fait marrer, n’est-ce pas ? Ça ne vous choque pas. Et pourquoi seraient-ils les seuls à y avoir droit ? Pourquoi d’autres catégories de personnes ne pourraient pas être exposées aux critiques (plus ou moins acerbes) ?

Troisième point : en quoi ces articles portent-ils réellement préjudice à quelqu’un ? Les “cibles” ne les lisent pas, la plupart du temps. Et, en supposant que l’une d’entre-elles tombe dessus, se reconnaîtrait-t-elle ? Rien n’est moins sûr.

Ah oui ! On me rétorquera aussi que cette “mentalité de castes” (dans le cas qui nous occupe, “les intelligents” vs. “les cons”) contribue à creuser les différences entre les gens. Sans blague… Comme si une société parfaitement solidaire et égalitaire pouvait émerger un jour. Aussi loin que remonte l’histoire du Vivant, il y a toujours eu des dominants et des dominés. Des prédateurs et des proies. Et même avec toutes les bonnes volontés du monde, c’est pas demain la veille que ça va changer, je veux bien en faire le pari (*) ! Alors, faut arrêter avec les mièvreries utopiques à deux balles. A mon sens, il y a et il y aura toujours des catégories de personnes entre lesquelles aucune entente, aucune compréhension, ne sera possible.

Enfin, c’est entendu, tout le monde n’a pas un QI de 150 et on ne peut pas l’exiger. Mais ça ne veut pas dire non plus qu’il faut rester silencieux face au nivellement par le bas que connaît la société actuelle. A cet égard, caricaturer, être cynique, c’est aussi pousser une sorte de gueulante, mettre le doigt où ça fait mal en faisant mal et parfois, à mon avis, ça me semble plus que nécessaire…

(*) C’est comme ce texte d’ailleurs. Ce n’est pas avec les trois pelés et le tondu qui le liront que la face du monde va s’en trouver transformée.

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Sois mère… et tais-toi !

16 juillet 2011 at 23:47 (Billets d'humeur (bonne ou de chien si j'ai pas fait ma grass' mat'))

Petite histoire des temps modernes…

« Il était une fois une jeune femme, ni belle ni vilaine, la trentaine, dont le ventre proéminent ne laissait pas vraiment de doutes sur l’événement qui allait survenir dans un avenir proche.

En effet, quelques jours plus tard, elle se présenta aux urgences de l’hôpital. Les douleurs de l’accouchement lui furent en partie épargnées grâce à une péridurale bien dosée et quatre heures après son arrivée, l’infirmière, tout sourire, le déposa enfin dans ses bras :

– Félicitation, madame ! C’est un beau cerveau !

Le gynéco prit sa lampe de poche et vérifia par les narines et les oreilles de la parturiente qu’un bout de dure-mère n’était pas resté accroché à la paroi intracrânienne mais tout semblait s’être passé dans les règles de l’art.

La jeune mère, ravie, fut conduite à sa chambre. C’était le début d’une nouvelle vie… »

Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? J’ai dit un truc ? Ah oui, le coup du cerveau…

En fait, si j’ai écrit cette intro un peu particulière, c’est parce que c’est l’effet que me font les mères d’aujourd’hui, quand je les écoute. D’être décérébrées, pour la plupart.

Une fois qu’elles ont charge d’enfants, ces femmes modernes, filles de la génération de 68, ayant bénéficié d’une éducation plus ou moins poussée, souvent intégrées dans la vie active, n’ont quasiment plus qu’un seul et unique sujet de conversation : leur progéniture ! Pendant plusieurs années (jusqu’à la fin de leurs jours pour les cas pathologiques), la maternité marquera pour nombre d’entre-elles la limite de leur horizon intellectuel.

Quotidiennement (notamment si vous en fréquentez à votre boulot comme moi), la mère de famille ressentira le besoin de vous raconter diverses anecdotes absolument « passionnantes » en rapport avec le fruit de ses entrailles. Et vous êtes priés d’avoir le cœur bien accroché, parce que parfois, c’est gratiné ! Oui, la mère de famille est généreuse par nature, c’est connu. Donc, elle aime aussi partager avec vous les turpitudes que lui impose ce petit être qu’elle a choisi d’engendrer (pas vous, mais ça, elle s’en fout). Ça va de la nuit blanche (soft), aux douleurs causées par les crevasses aux tétons que provoque parfois l’allaitement (ah, je vous sens déjà un peu plus crispés !), pour en arriver au lange qui a débordé (Bingo ! Nous y sommes !) (*).

Au fur et à mesure que son petiot fera l’apprentissage de la propreté, la conversation de la mère de famille deviendra moins gore. Mais pas forcément plus intéressante ou diversifiée. Son centre d’intérêt number one restera toujours le même. Elle continuera à vous narrer régulièrement (même si vous n’êtes pas demandeur) les prouesses ou les foirages scolaires de son « bébé », ses premières amours, sa crise d’acné d’adolescence… Ceci dit, si vous avez un peu de chances, le gamin devenant plus autonome (l’envoyant sur les roses), elle recouvrira progressivement quelques-unes de ses facultés intellectuelles et vous pourrez espérer varier un peu les discussions.

Alors, ok. Je suis tout à fait d’accord pour convenir que la naissance d’un enfant est un événement majeur dans la vie des femmes (et des hommes aussi, d’ailleurs). Que cela peut engendrer une multitude infinie de bouleversements, plus ou moins bien vécus selon les personnes. Que c’est tout sauf une sinécure. Je suis maman aussi (eh ouais, messieurs-dames mes détracteurs, va falloir ranger vos flingues ou vous allez faire deux orphelins).

Mais, en y réfléchissant bien, n’est-ce pas un sujet de conversation éminemment personnel ? Que l’on en touche occasionnellement un mot ou l’autre à son entourage, d’accord. Que l’on pose des questions, que l’on s’informe, d’accord. Que l’on ressente à un moment le besoin d’en parler parce qu’on vit un épisode difficile ou, au contraire, très heureux, toujours d’accord. Mais de là à en faire son pain quotidien pour le tout venant comme le font certaines, alors là, pas d’accord.  Soyons honnêtes : ce qui arrive aux enfants des autres nous intéresse beaucoup moins que les « exploits » des nôtres. En général, dans ce genre de dialogue, on attend qu’une seule chose : que l’autre se taise pour que l’on puisse enfin s’épancher à notre tour. A partir du moment où ils sortent d’un certain cercle d’intimes, ces échanges sont donc, à mon avis, profondément égocentriques.

Enfin, faudrait p’têt se souvenir que nous procréons depuis des millénaires et que ça n’a jamais empêché la Terre de tourner. Des millions de femmes sont passées par là avant nous. Et dans des conditions souvent bien moins favorables que celles que nous connaissons aujourd’hui (en tout cas en Occident). Alors, moi je dis que ce serait bien d’essayer de se concentrer parfois sur autre chose que nos nombrils de mères. Et de garder nos esprits en éveil. Parce que justement, ça nous aiderait à donner à nos mômes chéris les moyens de s’en sortir dans le monde hostile dans lequel on les a fait naître. Et parce que nous ne devons pas oublier que la maternité, ce n’est que l’un des aspects de la féminité…

(*) Ce n’est pas une caricature, c’est du vécu. Et croyez-moi, je vous épargne bien des détails…

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Les sondages de l’absurde…

16 juillet 2011 at 15:20 (Hors catégorie)

Ah, les sondages !

Encore une autre tendance très en vogue en ce siècle où les politiciens, les médias, les industriels – bref tout ceux qui ont du pouvoir et des intérêts en jeu -, se sentent obligés de tâter le pouls de l’opinion publique. Pour mieux l’ignorer ensuite…

Alors, comme moi aussi, j’aime être « in » parce que je le veau vaux bien, voici quelques questionnements de mon cru, parfaitement inutiles donc TOTALEMENT INDISPENSABLES. Vous noterez également leur haute portée philosophique et sociologique.

Je remercie par avance les aimables participants qui se prêteront à mon petit délire. Oui, vous avez la possibilité d’ajouter des réponses perso. Non, ces sondages ne mordent pas.

Pour les addicts du genre, d’autres questions viendront peut-être s’ajouter au gré de mon inspiration. Ou pas…

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