Marasme…

17 avril 2012 at 21:51 (Hors catégorie)

Je décolle péniblement une paupière. Il fait sombre dans la pièce. A tâtons, je cherche ma montre sur la table de chevet : 14h26. Ouais, il serait temps que j’émerge.

On est lundi. En ce jour, à cette heure, la moitié de l’humanité bosse, s’active, s’agite, cours frénétiquement dans tous les sens. Et moi, je me redresse péniblement dans mon pieu. Pfff ! Encore cette foutue sensation de tête dans le cul. Comme d’habitude, j’ai mal dormi.

Je me lève et me sers un reste de café froid dans la cuisine. ‘fin, la cuisine… le coin de la pièce qui me sert de cuisine. J’écarte le rideau au-dessus de l’évier et jette un coup d’oeil dans la rue. Il pleut comme vache qui pisse. Sur l’instant, je suis content d’être chez moi. C’est la dèche mais mon luxe, c’est de ne pas être obligé de courir dehors par ce temps de chien. Ma satisfaction est de courte durée. Il m’a suffit de balayer du regard mon studio miteux.

Je vais me rassoir sur mon lit. J’ai envie de m’en griller une. La flamme du briquet fait rougeoyer le cylindre de papier et mes pensées se perdent dans la fumée…

Alors, y a quoi au programme aujourd’hui ? Bof, vu l’heure, je ne crois pas que je vais être très productif. Une petite recherche d’emploi, ce serait bien. Pas que j’y croie encore mais bon, faut bien garnir son dossier en prévision des contrôles. P’tain ! C’te misère ! Et pourquoi j’arrive pas à avoir du taf, moi ? Je ne suis pas plus con qu’un autre. Je ne suis pas handicapé. Ok, j’ai merdé à l’école. Puis, quelques années plus tard, j’ai fait deux ou trois conneries qui restent gravées dans mon casier judiciaire. J’étais jeune, un peu rebelle. J’me sentais pas concerné par la société, les autres, l’avenir. J’avais d’autres aspirations, sans trop savoir lesquelles non plus. Et en ce temps-là, personne n’a su me parler comme il fallait. Personne n’a su me faire prendre conscience des absurdes réalités de ce monde. Mais est-ce que tout ça, c’est une raison valable pour que je me retrouve sur le carreau toute ma life ? Est-ce qu’on n’a pas une seconde chance, normalement ? Non, apparemment, c’est du foutage de gueule. Ou alors, c’est juste moi qui n’y ai pas droit. J’ai fait les mauvais choix, j’me suis planté et je vais le payer jusqu’au bout. Logique.

Alors là, quand je parle comme ça aux gens, y a toujours un crétin qui me demande : « Mais tu ne t’inscrirais pas à une formation ? ». Comme si je n’y avais pas pensé avant toi, bouffon ! Tu ne crois pas que si les formations, ça pouvait sauver le monde, ça se saurait ? Parce que dans ma région, vu les listes d’attente de 2 ou 3 ans pour obtenir une place dans celles qui permettent vraiment de décrocher un job ; vu où se trouvent les centres, délocalisés dans des zonings ou des coins paumés, difficiles d’accès… Eh bien, moi j’te l’dis : c’est pas gagné !

Une crampe soudaine à l’estomac et des gargouillis de plus en plus insistants me rappellent que je n’ai encore rien avalé depuis mon réveil. Je traîne ma carcasse jusqu’au frigo. Bien évidemment, aucune bonne fée n’est venue le remplir pendant la nuit. Bon, va falloir descendre à la supérette…

Je suis remonté vite fait avec une boîte de thon, un pot de mayo « premier prix » et une bouteille de flotte. Ouais, les courses, c’est expéditif quand on est chômeur. Avec les fins de mois qui tombent le 15 au lieu du 30, on n’a pas le souci d »hésiter entre un chateaubriand de bœuf ou une souris d’agneau.

Après mon plantureux repas, je me suis jeté à nouveau sur le lit. T’façon, j’ai rien d’autre à foutre. Quand je pense qu’il y a des mecs qui disent qu’on profite du système… Bon, c’est vrai, parfois, c’est cool d’avoir ni dieu ni patron. Mais franchement, tu crois vraiment que vivre avec une alloc’ de chômage, c’est l’éclate totale ? Tu crois que ça rend riche et épanoui ? Parce que je sais pas toi mais moi, me contenter de regarder les vitrines au lieu d’entrer dans les magasins et d’acheter, c’est pas ça qui m’émoustille, tu vois. Toi, ton job, il t’a permis d’obtenir une baraque, une femme, des mioches, une bagnole et le clebs qui va avec. Moi, je le ferais vivre où et avec quoi, mon môme ? Et puis, faudrait déjà que je trouve une meuf (comprendre : une meuf valable, pas une cassos) qui m’accepte et veuille m’en faire un. Et le regard des autres, tu crois qu’il n’est pas pesant ? « Tu fais quoi dans la life ? », « Ah ! Chômeur… » Trop valorisant comme job !

D’ailleurs, assez cogité ! Il est temps que je me bouge un peu. Je prends le journal gratuit que j’ai ramassé dans le hall d’entrée. Tiens, une annonce pour un ouvrier de pompes funèbres. Ouais, ce serait pas mal, ça. Pour la société, je suis déjà mort alors ce serait plutôt ironique d’avoir un taf où on met les autres en terre, non ?

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Petite comptine sympathique à fredonner d’un air enjoué par une matinée ensoleillée…

21 janvier 2012 at 20:05 (Hors catégorie)

Si j’devais crever demain,
Personne n’en saurait rien
A la rigueur, ça f’rait peut-être juste pleurer mon chien
Au moins j’aurai la politesse de n’pas emmerder l’monde
Quand je glisserai dans la tombe.

En fait, quand on y pense,
C’est là que la vie prend vraiment son sens :
Au lieu de vainement pomper l’air
On engraisse les vers de terre

Mais j’vais pas crever demain
Parce que personne n’en saurait rien
C’est vrai, tant qu’à passer l’temps jusqu’au jour de ma fin
Autant que ce soit à emmerder l’monde
Au moins, ça f’ra des heureux quand je glisserai dans la tombe…

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Jamais…

23 décembre 2011 at 10:33 (Hors catégorie)

Enfant, j’adorais Noël. Les décorations, les lumières, tous ces cadeaux qui apparaissent un beau matin comme par magie parce que j’avais été sage (hum !)…

Un vieux bonhomme barbu venait soi-disant les apporter durant mon sommeil. Puis, un jour, j’ai fini par savoir qui c’était. Toutefois, pendant quelques années encore, j’ai trouvé des présents au pied du sapin. En petite curieuse/impatiente que j’étais, je me demandais où elle les planquait en attendant le jour de pouvoir me les offrir. C’était devenu une sorte de jeu, un défi, entre elle et moi.

Je n’ai jamais trouvé la cachette. Pourtant, l’appartement n’était pas grand. Peut-être aussi que je ne voulais pas réellement savoir.

Elle n’est plus depuis longtemps et cette question est remontée à la surface de mes souvenirs. Et je réalise qu’elle restera à jamais sans réponse…

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Les sondages de l’absurde…

16 juillet 2011 at 15:20 (Hors catégorie)

Ah, les sondages !

Encore une autre tendance très en vogue en ce siècle où les politiciens, les médias, les industriels – bref tout ceux qui ont du pouvoir et des intérêts en jeu -, se sentent obligés de tâter le pouls de l’opinion publique. Pour mieux l’ignorer ensuite…

Alors, comme moi aussi, j’aime être « in » parce que je le veau vaux bien, voici quelques questionnements de mon cru, parfaitement inutiles donc TOTALEMENT INDISPENSABLES. Vous noterez également leur haute portée philosophique et sociologique.

Je remercie par avance les aimables participants qui se prêteront à mon petit délire. Oui, vous avez la possibilité d’ajouter des réponses perso. Non, ces sondages ne mordent pas.

Pour les addicts du genre, d’autres questions viendront peut-être s’ajouter au gré de mon inspiration. Ou pas…

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