Bouh !

14 mars 2012 at 23:13 (Billets d'humeur (bonne ou de chien si j'ai pas fait ma grass' mat'))

Vous êtes vous déjà demandé quel est le sentiment qui régit le plus votre vie, la vie de chacun d’entre-nous ? Votre première idée va peut-être vers l’amour (la quête du partenaire idéal, par exemple). Ou l’ambition (de faire carrière…). Mais moi, désormais, je ne crois plus que ce sont ces pulsions qui ont la plus grande influence sur nos décisions et nos actes.

Creusez un peu… Encore… Plus profondément… Beaucoup plus profondément (Oups ! Fais noir là dedans, pas vrai ?).

***

Assise sur ma chaise, j’attends sagement que l’exercice imposé par le formateur en GRH commence. Il s’agit de simuler l’entretien d’évaluation d’un employé « à problèmes », sur base d’un cas vécu. Le rôle du supérieur hiérarchique est tenu par la directrice d’un service administratif et celui de l’employé est joué par une collègue d’un autre département. Celle-ci connaît bien le spécimen dont va s’inspirer la saynète puisqu’elle l’a côtoyé également pendant quelques mois.

Le dialogue commence. J’écoute, j’observe. Au fur et à mesure, je réalise que la supérieure s’écrase devant l’employé « difficile ». Là où elle devrait poser des limites, elle se répand en justifications inutiles, qui toutes, la mettent à nu, trahissent son manque de confiance en elle. Je suis sidérée. Cette femme, qui a le pouvoir d’agir, est déstabilisée par son employé, qui ne semble être en réalité qu’un vil manipulateur alternant à loisir menaces de démission et chantage affectif (« Que feriez-vous sans moi ? »). Mais bon dieu ! Qu’est-ce qui empêche la supérieure de mettre le holà à cette situation ? La peur ! Une peur purement psychologique, irraisonnée. Elle ne courrait aucun risque à rétablir son autorité. Au contraire même, elle aurait tout à y gagner, et en premier lieu, la paix de l’esprit. Pourtant, elle ne trouve pas la force de recadrer son adversaire et de surmonter son appréhension.

Après avoir été témoin de cette scène absurde, je me suis mise inévitablement à cogiter sur l’emprise de la peur dans les multiples aspects de notre vie quotidienne. De ce que j’en connais, ce sentiment est avant tout un réflexe primitif qui est sensé nous permettre d’éviter les dangers et donc de survivre. Or, curieusement, il semblerait que pour nombre d’entre-nous, ce soit devenu plutôt un frein inhibant notre épanouissement personnel. Parce que, quand on y songe, nous sommes pétris de peurs de toutes sortes. Beaucoup sont certainement tout à fait justifiées. Passer outre ces avertissements nous mettrait en danger. D’autres, pourtant, sont parfaitement exagérées, voire toxiques, quand on ose y regarder de plus près. Mais autant nous demander d’escalader l’Everest (et même que je suis sûre que certains préfèreraient encore un trip de ce genre).

Moi, je n’ai plus envie de vivre une existence dominée par la peur. Bien entendu, je la ressens encore souvent. Mais j’essaie de faire la part des choses et de voir si mon intérêt réel ne se trouverait pas au-delà. Cela ne veut pas dire que je fonce comme un taureau, non. De nature prudente, je tâte généralement le terrain avant d’y mettre le pied. Mais quand ça me semble fiable, j’essaie de lâcher la bride. Et chaque fois que j’arrive à aller au-delà de ma peur, je me sens libérée d’un poids. J’ai même parfois l’impression d’avoir gagné aussi un peu de vraie liberté. Si ça, c’est pas une motivation qui en vaut la peine…

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Abracadabra… Bonne année !

3 janvier 2012 at 00:04 (Billets d'humeur (bonne ou de chien si j'ai pas fait ma grass' mat'))

Tous les ans, ce même malaise à l’approche des fêtes de fin d’année. Pourtant, je les aime bien. Des réminiscences de mes souvenirs d’enfance peut-être. Et puis, toutes ces illuminations dans la nuit. Même si en fait, c’est banal (ou carrément kitsch parfois), je me laisse toujours charmer comme une petite fille.

Mais il y a une ombre au tableau. Une ombre qui me pèse. La première chose qui me chiffonne dans le concept des festivités de Noël et de Nouvel An, c’est leur caractère convenu et quasi obligatoire. Ce sont censés être des moments dédiés à la joie et, paradoxalement, ça les rend encore plus tristes pour ceux qui sont laissés sur le côté. C’est donc juste une vaste comédie humaine. Même si on n’en a pas envie, ces jours-là, on fera bonne figure pour ne pas gâcher la fête des autres. Et l’on souhaitera ses bons vœux à tout va…

Les bons vœux, parlons-en aussi. Personne n’y croit vraiment, dans le fond. Ils relèvent plutôt de la superstition, de la pensée affectueuse. Et moi, ça me gave. Ça me gave de souhaiter une année meilleure aux gens auxquels je tiens alors que, pour ceux qui sont dans la mouise, je sais que ce n’est pas ça qui les sortira de leur galère. En réalité, à ce moment-là, je me sens terriblement impuissante… Je préférerais tellement que les bons vœux soient une formule magique, une formule miracle, qui leur apporte l’apaisement. Mais ça ne reste que des mots…

Non, définitivement, je n’aime pas souhaiter la bonne année.

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Le mythe de l’âge d’or… ‘fin, de l’âge plaqué or

19 décembre 2011 at 14:33 (Billets d'humeur (bonne ou de chien si j'ai pas fait ma grass' mat'))

Les idées reçues ont la vie dure. C’est normal puisque ce sont des réponses toutes faites qui nous évitent de regarder plus loin que le bout de notre nez et ça nous rassure. C’est pas une critique, c’est humain. Comme tout être vivant, nous sommes programmés pour rationaliser nos dépenses énergétiques.

Mais moi, elles me gavent un peu tout de même.

En ce moment, l’une d’elles qui me revient souvent dans les oreilles, c’est que « la vie de couple, c’était bêêêêllement têêêêllement mieux avant ».

Alors déjà, j’aimerais bien qu’on me précise quand exactement. C’est quoi « avant » ? Durant la préhistoire ? En l’an de grâce 1314 ? Il y a 50 ans ? Et puis, qu’on me dise aussi « comment » c’était mieux. Oui, je sais : je suis chiante, j’aime les faits concrets. Mea culpa.

Quand on creuse un peu la question avec les tenants de cette théorie, ceux-ci évoquent une période temporelle indéterminée où les couples respectaient jusqu’à la mort les vœux d’amour et de secours prononcés lors du mariage.

Tiens, c’est bizarre. Je n »ai jamais entendu parler de cette ère paradisiaque, moi. D’ailleurs, d’après les reliquats de mes connaissances en Histoire, la prise en compte de l’amour dans le couple est un phénomène plutôt récent. Jusqu’au 20ème siècle (et j’oserais presque dire : jusqu’à la deuxième moitié du 20ème siècle), le mariage était une institution à vocation purement religieuse et donc sociale. Comme c’est encore le cas aujourd’hui au sein d’autres cultures aux mœurs plus traditionnelles. On se mariait pour perpétuer la lignée, pour transmettre le patrimoine… D’ailleurs, les familles étaient fortement impliquées dans le processus. Soit les parents s’occupaient d’organiser de A à Z l’union de leur progéniture jusque dans le choix du partenaire, soit, dans les cas les plus heureux, il fallait au minimum obtenir leur aval. Et l’amour dans tout ça ? Ben, c’était juste un bonus tout à fait aléatoire pour les conjoints qui avaient de la chance et rien de plus. C’en était au point que celui ou celle qui ne trouvait pas (ou pour qui on ne trouvait pas…) chaussure à son pied était relégué au ban de la société. Une sorte de paria infertile, donc sans intérêt et sans avenir. Eh oui ! Il n’était pas bon de finir vieille fille ou du vieux garçon, autrefois. Aujourd’hui, c’est une situation, voire même un choix, relativement toléré même si toujours dérangeant aux yeux de certains. « Avant », c’était une tare, tout simplement.

Alors, vous trouvez qu’il y a toujours de quoi être nostalgique ?

Dans ce contexte, il est bien évident que la dissolution d’une union relevait de l’inconcevable ou du moins de l’exceptionnel. Et, dans ce cas, bonjour la mise à l’écart aussi, surtout si l’initiative venait de la femme. L’assassinat… Le veuvage était donc généralement la seule possibilité de délivrance. Ou les relations extra-conjugales, encore une fois uniquement pour les plus chanceux (ou les plus audacieux). Et bien entendu, elles étaient socialement mieux tolérées pour monsieur que pour madame, hypocrisie et nécessité de garantir la paternité obligent.

Je sais pas vous, mais moi, ça ne me fait toujours pas tripper, ce passé merveilleux.

Mais bref, continuons…

En fait, si on y regarde de plus près, on constatera que l' »épidémie » de « divorcite » a commencé à la fin des années soixante-dix. Après la deuxième guerre mondiale, probablement en réaction à celle-ci, les mœurs évoluent grandement. On entre dans une nouvelle ère : celle, croissante, de l’individualisation. Les femmes relèvent l’échine, poussent une bonne gueulante et acquièrent enfin des droits (j’en profite pour préciser que le fait d’aller travailler n’en fait pas partie parce que trimer, en réalité, elles le font depuis des lustres. Le mythe pseudo historique de la femme au foyer qui s’occupe uniquement de sa progéniture en attendant que « chéri » lui file sa paie est au moins aussi infondé que celui du mariage heureux). L’épouse est enfin reconnue comme une personne majeure (au sens juridique du terme) au sein de son couple. Elle peut par exemple ouvrir et gérer son propre compte en banque sans demander l’autorisation de son mari, fonder une entreprise à son nom, recevoir un salaire correct (même si pas encore égal à celui des hommes) etc… Probablement parce que c’est dans l’air du temps, la législation sur le divorce est revue également.

Du coup, forcément, bobonne s’affirme et prend petit à petit les rênes de sa vie en main. Il est fini, le temps où elle devait encaisser sans autre choix. Désormais, elle s’octroie le luxe d’envoyer valdinguer pépé quand elle en a marre de sa pomme. De même, pépé se dit que bobonne s’en sortira très bien sans lui et il s’octroie lui aussi le bonheur de l’envoyer sur les roses quand elle commence à lui pomper l’air un peu trop. Alors oui, aujourd’hui, on divorce ou on se sépare à tire larigot mais crévindiou !, au moins on n’est plus obligé de subir ! On peut (re)vivre !

Tiens, je sais pas vous mais moi, être libre de choisir, ça me parle beaucoup plus que de me soumettre aveuglement à des contraintes sociales, religieuses et tutti quanti. Certains passéistes objecteront encore cette évolution a entraîné une déliquescence des mœurs, que nous ne savons plus nous battre pour les « vraies » valeurs. A ceux-là, je demanderai en quoi les leurs, qui riment avec contraintes (et donc souvent frustration), sont meilleures que celles qui riment avec épanouissement ; en quoi le sacrifice du bien-être individuel au niveau marital apporte un plus à la société. De nos jours, beaucoup (et parmi eux des professionnels tels que des psys ou autres) s’accordent pour dire que mieux vaut une bonne rupture qu’une mauvaise union. Même pour les enfants. Puis, je leur rétorquerai encore que tenter d’être heureux(se), quelque soit le chemin que nous choisissons d’emprunter, c’est une valeur qui mérite qu’on lutte. Et âprement !

En fait, si ça se trouve, ce fameux âge d’or que tant regrettent, nous sommes en plein dedans et comme d’habitude, on ne s’en apercevra que quand il sera derrière nous…

***

Pour être honnête, je pense tout de même avoir une petite idée de la période à laquelle se réfèrent les nostalgiques. Il s’agit probablement des Golden Sixties où la prospérité économique, aussi fulgurante que fugace, a permis brièvement à de nombreux mâles d’assumer seuls l’aspect financier du foyer. Et où la femme n’était pas encore culturellement ni juridiquement émancipée. De cette époque glorieuse, quelques couples subsistent encore aujourd’hui. Parmi eux, peut-être vos parents. Mais au-delà de l’image d’Épinal (renforcée par des séries télé comme « Ma sorcière bien aimée », pour parler de la plus connue de ce côté de l’Atlantique), je me demande bien ce que ces braves gens raconteraient si on les laissait s’exprimer à huis clos. Certains seraient peut-être très heureux d’en être arrivés là, je n’en doute pas. Mais d’autres exprimeraient certainement aussi des souffrances et des regrets, des vies bâties sur les apparences et les non-dits. Des existences gâchées… Non, vraiment très peu pour moi !

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La trentaine, la fin de l’amour ?

16 décembre 2011 at 11:06 (Billets d'humeur (bonne ou de chien si j'ai pas fait ma grass' mat'))

(NDLGG : Avant de débuter ce billet, un petit rappel : je n’ai aucune prétention comme psy ou sociologue. Cet article est le fruit de réflexions perso basées uniquement sur mon observation et mon ressenti, donc forcément ni exhaustif ni objectif.)

Oui, je sais : voilà un titre bien mélodramatique. Mais depuis mon arrivée dans l’univers des célibataires, je constate à force de discuter, que parmi les gens de ma génération, nombre d’entre-eux (et je m’inclus dans le lot) ne souhaitent pas (ou plus) spécialement fonder un vrai couple.

Les raisons de cette frilosité sont multiples. En voici quelques-unes que j’ai entendues : il y a ceux qui ont déjà vécu cette aventure « traumatisante » et qui ne sont pas prêts à remettre le couvert de si tôt, ceux qui luttent toujours contre les réminiscences d’un passé pas vraiment heureux et qui ne sont donc pas dans les conditions pour partager leur vie et puis, il y a aussi le fait que beaucoup ont atteint une certaine plénitude dans leur existence (un bon boulot, une maison, un ou plusieurs mômes, la plupart du temps en garde partagée) et qu’ils n’ont pas envie de bouleverser cette situation bien confortable pour un(e) intrus(e), potentiellement porteur(se) de troubles.

Du coup, il me semble qu’à la trentaine, les relations alternatives (plans cul, sex friending plus ou moins « sex »/plus ou moins « friend », selon les convenances des partenaires) deviennent de plus en plus répandues.

A mon sens, cette évolution des mœurs a au moins le mérite d’éclairer le sentiment amoureux sous un autre jour. En effet, une fois qu’on est arrivé à un stade de sa vie où on a décidé qu’on n’a plus besoin à tout prix de la présence continuelle de quelqu’un à ses côtés pour se réaliser, une fois que la crainte de se planter a remplacé – au moins pendant un temps – l’espoir de reconstruire, que reste-t-il comme motivation valable à la fondation d’une relation amoureuse profonde ? Si celle-ci naît et parvient à grandir dans ces conditions, c’est que les deux partenaires en présence doivent être réellement charmés l’un par l’autre. Ou que le besoin de s’unir correspond peut-être à leur tempérament intrinsèque, tout simplement.

Il n’empêche… J’espère bien ressentir un jour à nouveau ces délicieux petits papillons qui chatouillent le ventre et avoir envie de vivre une vraie histoire avec quelqu’un, même sans objectif particulier. Juste parce que ce sera lui et que ce sera moi…

Ça y est,  je viens de faire mon coming out : je suis affreusement romantique et maso !

Argh !

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L’indulgence dans la blogosphère. Oui, mais pour quoi faire ?

24 juillet 2011 at 21:57 (Billets d'humeur (bonne ou de chien si j'ai pas fait ma grass' mat'))

Je ne suis pas une nana gentille. Mais je ne pense pas non plus être méchante : je n’aime pas faire du tort pour le plaisir. Je tiens bien trop à ma tranquillité pour ça !

Par contre, j’ai un sens de l’humour à la con. Il me semble que le terme le plus exact pour le qualifier serait “pince-sans-rire”.  Par exemple, quand je plaisante avec quelqu’un, j’aime beaucoup me lancer dans des allusions relevant parfois du plus pur sadisme alors qu’IRL, je suis incapable de faire du mal à une mouche (à un moustique, si. Je n’ai aucune pitié pour les moustiques, ces stupides bestiaux urticants ! Mais pas à une mouche).

Du coup, sur WordPress ou d’autres sites du genre, je suis naturellement attirée par des blogs où le second degré est roi. Bien évidemment, il n’est pas rare ni surprenant de trouver en ces lieux voués au cynisme des articles relevant de la parodie, voire caricaturant une catégorie de personnes. Parfois, c’est tout le blog qui est consacré à cette thématique. Parfois, ce sont quelques articles parmi d’autres.

En général, ces blogs annoncent très clairement la couleur. Pressentant sans difficulté les critiques dont ils vont être l’objet, les auteurs rédigent un avertissement en guise d’introduction (souvent avec un sens de l’auto-ironie assez prononcé d’ailleurs). Donc, en toute logique, si t’adhères pas au concept, tu zappes. Ou alors, tu gardes tes reproches pour toi. Mais évidemment, parce que le sens de la contrariété est l’une des composantes fondamentales de l’être humain, il y a toujours l’un ou l’autre défenseur de la veuve et de l’orphelin qui se sent obligé de la ramener malgré tout.

En gros, l’argumentaire du “gentil” se résume à ceci : “C’est vraiment pas bien de se moquer des gens comme ça. Ça ne sert à rien. C’est que de la haine, du mépris ! Ce monde de brutes est déjà assez cruel comme ça ! Au contraire, on aurait plutôt besoin d’amour !”. Puis, cette magnifique diatribe se conclut généralement par un “Et puis d’abord, tu t’es vu, toi ? Tu t’crois meilleur que les autres ?”.

En ce qui me concerne, je n’aurais qu’un seul reproche à faire aux auteurs de ces blogs. C’est qu’ils choisissent des cibles trop faciles. La plupart du temps, ce sont déjà des caricatures en elles-mêmes (de par leur comportement, je le précise. Il ne s’agit pas de moqueries liées au physique ou autre). Mais bon, le lecteur a largement de quoi être satisfait  par la mise en scène, généralement très à propos, des travers repérés.

Pour le reste, je me demande bien pourquoi on n’aurait pas le droit d’écrire de ce genre d’article, pourquoi on n’aurait pas le droit de se moquer.

Constat number one : que celui qui n’a jamais raillé autrui jette la première pierre. Tiens, y a pas foule, même chez les “gentils”. Comment c’est que cela se fesse ?

Deuxième constat : quand vous ouvrez un journal et que vous voyez la caricature d’un homme politique, ça vous fait marrer, n’est-ce pas ? Ça ne vous choque pas. Et pourquoi seraient-ils les seuls à y avoir droit ? Pourquoi d’autres catégories de personnes ne pourraient pas être exposées aux critiques (plus ou moins acerbes) ?

Troisième point : en quoi ces articles portent-ils réellement préjudice à quelqu’un ? Les “cibles” ne les lisent pas, la plupart du temps. Et, en supposant que l’une d’entre-elles tombe dessus, se reconnaîtrait-t-elle ? Rien n’est moins sûr.

Ah oui ! On me rétorquera aussi que cette “mentalité de castes” (dans le cas qui nous occupe, “les intelligents” vs. “les cons”) contribue à creuser les différences entre les gens. Sans blague… Comme si une société parfaitement solidaire et égalitaire pouvait émerger un jour. Aussi loin que remonte l’histoire du Vivant, il y a toujours eu des dominants et des dominés. Des prédateurs et des proies. Et même avec toutes les bonnes volontés du monde, c’est pas demain la veille que ça va changer, je veux bien en faire le pari (*) ! Alors, faut arrêter avec les mièvreries utopiques à deux balles. A mon sens, il y a et il y aura toujours des catégories de personnes entre lesquelles aucune entente, aucune compréhension, ne sera possible.

Enfin, c’est entendu, tout le monde n’a pas un QI de 150 et on ne peut pas l’exiger. Mais ça ne veut pas dire non plus qu’il faut rester silencieux face au nivellement par le bas que connaît la société actuelle. A cet égard, caricaturer, être cynique, c’est aussi pousser une sorte de gueulante, mettre le doigt où ça fait mal en faisant mal et parfois, à mon avis, ça me semble plus que nécessaire…

(*) C’est comme ce texte d’ailleurs. Ce n’est pas avec les trois pelés et le tondu qui le liront que la face du monde va s’en trouver transformée.

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Sois mère… et tais-toi !

16 juillet 2011 at 23:47 (Billets d'humeur (bonne ou de chien si j'ai pas fait ma grass' mat'))

Petite histoire des temps modernes…

« Il était une fois une jeune femme, ni belle ni vilaine, la trentaine, dont le ventre proéminent ne laissait pas vraiment de doutes sur l’événement qui allait survenir dans un avenir proche.

En effet, quelques jours plus tard, elle se présenta aux urgences de l’hôpital. Les douleurs de l’accouchement lui furent en partie épargnées grâce à une péridurale bien dosée et quatre heures après son arrivée, l’infirmière, tout sourire, le déposa enfin dans ses bras :

– Félicitation, madame ! C’est un beau cerveau !

Le gynéco prit sa lampe de poche et vérifia par les narines et les oreilles de la parturiente qu’un bout de dure-mère n’était pas resté accroché à la paroi intracrânienne mais tout semblait s’être passé dans les règles de l’art.

La jeune mère, ravie, fut conduite à sa chambre. C’était le début d’une nouvelle vie… »

Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? J’ai dit un truc ? Ah oui, le coup du cerveau…

En fait, si j’ai écrit cette intro un peu particulière, c’est parce que c’est l’effet que me font les mères d’aujourd’hui, quand je les écoute. D’être décérébrées, pour la plupart.

Une fois qu’elles ont charge d’enfants, ces femmes modernes, filles de la génération de 68, ayant bénéficié d’une éducation plus ou moins poussée, souvent intégrées dans la vie active, n’ont quasiment plus qu’un seul et unique sujet de conversation : leur progéniture ! Pendant plusieurs années (jusqu’à la fin de leurs jours pour les cas pathologiques), la maternité marquera pour nombre d’entre-elles la limite de leur horizon intellectuel.

Quotidiennement (notamment si vous en fréquentez à votre boulot comme moi), la mère de famille ressentira le besoin de vous raconter diverses anecdotes absolument « passionnantes » en rapport avec le fruit de ses entrailles. Et vous êtes priés d’avoir le cœur bien accroché, parce que parfois, c’est gratiné ! Oui, la mère de famille est généreuse par nature, c’est connu. Donc, elle aime aussi partager avec vous les turpitudes que lui impose ce petit être qu’elle a choisi d’engendrer (pas vous, mais ça, elle s’en fout). Ça va de la nuit blanche (soft), aux douleurs causées par les crevasses aux tétons que provoque parfois l’allaitement (ah, je vous sens déjà un peu plus crispés !), pour en arriver au lange qui a débordé (Bingo ! Nous y sommes !) (*).

Au fur et à mesure que son petiot fera l’apprentissage de la propreté, la conversation de la mère de famille deviendra moins gore. Mais pas forcément plus intéressante ou diversifiée. Son centre d’intérêt number one restera toujours le même. Elle continuera à vous narrer régulièrement (même si vous n’êtes pas demandeur) les prouesses ou les foirages scolaires de son « bébé », ses premières amours, sa crise d’acné d’adolescence… Ceci dit, si vous avez un peu de chances, le gamin devenant plus autonome (l’envoyant sur les roses), elle recouvrira progressivement quelques-unes de ses facultés intellectuelles et vous pourrez espérer varier un peu les discussions.

Alors, ok. Je suis tout à fait d’accord pour convenir que la naissance d’un enfant est un événement majeur dans la vie des femmes (et des hommes aussi, d’ailleurs). Que cela peut engendrer une multitude infinie de bouleversements, plus ou moins bien vécus selon les personnes. Que c’est tout sauf une sinécure. Je suis maman aussi (eh ouais, messieurs-dames mes détracteurs, va falloir ranger vos flingues ou vous allez faire deux orphelins).

Mais, en y réfléchissant bien, n’est-ce pas un sujet de conversation éminemment personnel ? Que l’on en touche occasionnellement un mot ou l’autre à son entourage, d’accord. Que l’on pose des questions, que l’on s’informe, d’accord. Que l’on ressente à un moment le besoin d’en parler parce qu’on vit un épisode difficile ou, au contraire, très heureux, toujours d’accord. Mais de là à en faire son pain quotidien pour le tout venant comme le font certaines, alors là, pas d’accord.  Soyons honnêtes : ce qui arrive aux enfants des autres nous intéresse beaucoup moins que les « exploits » des nôtres. En général, dans ce genre de dialogue, on attend qu’une seule chose : que l’autre se taise pour que l’on puisse enfin s’épancher à notre tour. A partir du moment où ils sortent d’un certain cercle d’intimes, ces échanges sont donc, à mon avis, profondément égocentriques.

Enfin, faudrait p’têt se souvenir que nous procréons depuis des millénaires et que ça n’a jamais empêché la Terre de tourner. Des millions de femmes sont passées par là avant nous. Et dans des conditions souvent bien moins favorables que celles que nous connaissons aujourd’hui (en tout cas en Occident). Alors, moi je dis que ce serait bien d’essayer de se concentrer parfois sur autre chose que nos nombrils de mères. Et de garder nos esprits en éveil. Parce que justement, ça nous aiderait à donner à nos mômes chéris les moyens de s’en sortir dans le monde hostile dans lequel on les a fait naître. Et parce que nous ne devons pas oublier que la maternité, ce n’est que l’un des aspects de la féminité…

(*) Ce n’est pas une caricature, c’est du vécu. Et croyez-moi, je vous épargne bien des détails…

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Welcome to Nunucheland

8 juillet 2011 at 11:21 (Billets d'humeur (bonne ou de chien si j'ai pas fait ma grass' mat'))

Entendu dans le train, ce matin …

Marinette (la vingtaine) : – Moi, j’adore les histoires de vampires, je suis fan de Twilight.

Jeanine (la quarantaine ou l’air d’en avoir 40) : – Oui, moi aussi, j’adore. Et les fées aussi et les elfes. D’ailleurs, je collectionne les figurines. J’en ai plein ! Et dans l’autre partie de la maison, ce sont les sorcières. J’aime bien tous ces trucs féeriques. Ça me fait rêver… (sourire idiot)

Brrr ! Je sais pas pour vous, mais moi, ce ne sont définitivement pas les vampires que je trouve les plus effrayants…

PS : si quelqu’un a un lance-flamme… J’irais bien donner un coup main à Jeanine pour faire son ménage, à l’occaze.

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Les ZÉtudes scientifiques…

25 avril 2011 at 00:41 (Billets d'humeur (bonne ou de chien si j'ai pas fait ma grass' mat'))

Vous avez déjà remarqué ?

Non, vous n’avez pas encore remarqué.

‘fin si, peut-être. Mais alors, vous n’avez probablement pas encore accordé beaucoup d’attention au phénomène.

‘fin si, peut-être. Mais alors, probablement pas en lui accordant l’importance qu’il mérite.

Mais je tergiverse. Venons-en au but. Aujourd’hui donc, j’ai envie de deviser à propos des… ZÉtudes “Scientifiques”. A mon avis, si on pratiquait encore l’art délicat des enluminures, ces deux mots, parés de leur aura de présumée rigueur, devraient être dessinés en lettres d’or. Au minimum !

C’est le nouveau truc à la mode, ça, les ZÉtudes “Scientifiques”. Suffit d’ouvrir n’importe quel journal pour avoir quotidiennement écho de l’une ou l’autre d’entre-elles, sortie encore toute chaude du laboratoire. Et on vous en balance sur tous les sujets. Des plus sérieux aux plus loufoques. Je pourrais vous citer des exemples mais il y en a tellement que cette liste ne serait pas très représentative. Et puis, chacun d’entre-nous a certainement le souvenir de quelques-unes, en rapport avec les thématiques auxquelles il est sensible (santé, sociologie, sexualité…).

En fait, jusque-là, il n’y a rien d’inquiétant. Ce devrait même être rassurant. Nos “zamis” les Scientifiques veillent sur nous, sur notre bien-être. Ils étudient nos comportements et nous apportent des explications à ceux-ci, des conseils de santé, nous confirment si nous sommes dans les normes ou pas etc, etc.

Sauf qu’elles deviennent tellement fréquentes, qu’elles commencent à cerner et concerner tellement d’aspects de nos vies, qu’elles se veulent tant être (ou à tout le moins que nous les considérions tant comme) l’expression de la Vérité qu’elles finissent pas influencer plus ou moins inconsciemment nos opinions et nos comportements. Sans compter qu’elles stigmatisent aussi ceux qui n’adhèrent pas à leurs conclusions, qui sortent de leurs normes… Et enfin, comble du comble, il arrive parfois qu’elles se… contredisent ! Et là, c’est le drame ! Mais que faire ??? Qui croire ??? Que penser ??? Mais où est donc Ornicar ???. (*)

En fait, par le biais de cet article, je voudrais simplement rappeler une petite chose.  La prochaine fois que vous lirez les conclusions d’une ZÉtude Scientifique, même si les références sont souvent (curieusement ?) absentes, ce serait peut-être bien de se demander qui en est l’auteur, qui pourrait en être le commanditaire, quels intérêts elle pourrait servir…

(*) Vous noterez au passage cette amusante (consternante ?) propension de l’être humain à avoir toujours besoin de se voir insuffler sa conduite, ses idées… Il y a longtemps, on avait inventé un stratagème qui s’appelait la religion. Aujourd’hui, comme il sent un peu trop le souffre au goût de certains, on lui a trouvé d’autres palliatifs, plus subtils et plus “politiquement corrects”.

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Le racket caritatif…

7 avril 2011 at 14:10 (Billets d'humeur (bonne ou de chien si j'ai pas fait ma grass' mat'))

Durant le mois de janvier 2011, cette vidéo a été diffusée sur les chaînes de télé belges :

Il s’agit d’un spot pour une ONG qui lutte contre la lèpre. Un script simple, épuré même : une main qui écrit ou qui dessine et une voix qui vante les multiples usages d’un marqueur.

Aucune image choc, pas de petits nenfans en pleurs ou décharnés. Pourtant, à chaque fois que je tombais sur cette pub, je ne pouvais m’empêcher d’être heurtée, de ressentir un malaise indéfinissable.

Finalement, après quelques temps, j’ai compris ce qui me dérangeait tant. Le slogan, balancé à la fin : « L’indifférence tue ». Deux mots seulement mais lourds de sens. Que sommes-nous censés comprendre par là ? Franchement, cette pitoyable tentative de culpabilisation me fait songer aux méthodes de chantage employées en cas de kidnapping : si tu ne payes pas, l’otage mourra.

Non mais oh ! Et donc, si je n’ai pas les moyens de faire un don, je suis coupable de meurtre ? Et si j’ai choisi d’aider d’autres associations, ce n’est pas bien non plus ? Et puis, est-ce que le pognon est la seule manière de venir en aide aux gens ?

En tout cas, il y a une chose qui est sûre, c’est que j’aime pas qu’on me force la main, même pour la bonne cause.

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L’asociabilité, c’est bon pour la santé…

7 avril 2011 at 08:34 (Billets d'humeur (bonne ou de chien si j'ai pas fait ma grass' mat'))

Dans le bâtiment où je bosse, il y a beaucoup de monde et donc, c’est rare de se retrouver seul dans l’ascenseur. Or, lorsqu’on quitte celui-ci, la bienséance recommande que l’on souhaite la bonne journée aux gens avec qui s’est faite l’élévation.

Sauf que moi, ça me gave de répéter à longueur de temps la même litanie. Et pis, pourquoi je devrais leur souhaiter quoique ce soit ? Fi donc ! Nous n’avons pas été présentés!

Alors, le matin, pour échapper à la corvée du sempiternel « Gnogne gnourgnée » (mon « bonne journée » grommelé d’une voix à peine audible) et à la promiscuité que je déteste tout autant, j’évite de prendre l’ascenseur à l’entrée principale. J’emprunte celui d’une porte secondaire, moins fréquentée. Par contre, à l’heure de midi, quand tout le monde sort pour aller manger, je peux oublier ce petit stratagème. Me reste donc plus qu’une solution : les escaliers.

Et c’est là que je me suis rendue compte que finalement, avoir un tempérament asocial, c’est bon pour la santé : pendant que les autres s’entassent tant bien que mal dans 3m² pour se faire hisser jusqu’à leurs bureaux, moi, je fais mes cinq minutes de cardio en descendant ou en gravissant à pied les trois étages (ouf, je ne crèche pas au sixième) au bout desquels se trouve mon antre.

Alors, elle est pas belle, la vie d’asociale ?

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