La voleuse

18 novembre 2012 at 15:01 (Amours de femmes)

Un samedi soir sur la Terre…

Elle est seule chez elle. Rien à faire, rien à lire, rien à penser, même rien à regarder à la télé.

En désespoir de cause, elle prit son pc portable sur ses genoux et se connecta sur son site de rencontres favori. En quelques clics, la toile s’ouvrit à elle, prête à la happer dans le gouffre de ses possibilités infinies, de ses surprises bonnes ou mauvaises.

Un petit signal rouge apparut en haut de l’écran. Elle avait un nouveau message d’Oli74. Ils avaient commencé à discuter il y a quelques jours déjà.

Elle lui répondit :
– Salut, comment vas-tu ? T’as quoi de beau au programme, ce soir ?
– Rien de spécial. Et toi ?
– Pas mieux, lol.

Lors de leurs échanges précédents, il lui avait donné l’impression d’être un homme doux, respectueux et gentil.
– Et si on ne faisait rien ensemble ? proposa-t-il tout à coup, en terminant sa phrase par un smiley.
« Oui, après tout, pourquoi pas ? », se dit-elle.

Trois quart d’heure plus tard, elle se garait à quelques mètres de l’adresse qu’il lui avait indiquée. Elle jeta un dernier coup d’oeil dans le rétro pour s’assurer qu’elle était impeccable, coupa le moteur et descendit. Arrivée sur le perron, elle pressa légèrement le bouton de la sonnette et il vint lui ouvrir la porte.

Oups ! Il n’était pas vraiment comme elle l’avait imaginé ! Il était plus petit, plus chétif que ce qu’il paraissait en photo. Rester ou partir ? Elle dut se décider en un dixième de secondes. Elle n’avait définitivement pas envie d’être seule ce soir, elle choisit donc de rester.

Il la fit entrer dans le hall, la guida jusqu’au salon. Une fois assise, il lui proposa un verre. Après quelques minutes de discussion, il lui tendit la main : « Viens, je vais te faire visiter ».
– Voici donc la cuisine et derrière cette porte, c’est le jardin. Tu veux voir ?
– Oui. Ah, sympa la terrasse. Et le lierre sur le mur, très joli.
– Et par ici, ce sont les chambres.
Elle le suivit dans l’escalier.
– Là, c’est celle de mon fils. Il est chez sa mère ce week-end. Et ici, c’est la mienne.
Et, se tournant vers elle, il l’embrassa…

Le lendemain matin, elle se réveilla au milieu des draps froissés.
– Tu veux un café ? lui demanda-t-il.
– Non merci, je… Je dois y aller.
– Déjà ? Tu es sûre ?
– Oui, j’ai des choses à faire aujourd’hui.
Et elle se rhabilla.

Arrivée sur le pas de la porte, elle allait sortir quand il la retint par le bras :
– On se reverra ?, lui demanda-t-il, une lueur d’espoir dans les yeux.
– Non. Je suis désolée.

Et elle le quitta, silhouette fuyante, tête basse, poings serrés dans les poches de son manteau.

Cette nuit-là, elle ne serait restée seule pour rien au monde. Elle avait besoin de bras autour d’elle. Il ne lui plaisait pas vraiment mais il s’était montré doux et attentionné, comme elle l’avait pressenti. Entre eux, elle savait que ce ne serait jamais qu’une histoire d’un soir. Et à présent, elle avait cette sensation étrange de repartir comme une voleuse, une voleuse de tendresse…

Publicités

Permalien 3 commentaires