Une chouette après-midi…

29 avril 2012 at 11:01 (Amours de femmes)

La sonnerie de son GSM retentit. C’était Lui.

Elle décrocha : – Salut !

– Salut !  Ça va ?

– Oui, tranquille. Je suis en congé.

– Et tu fais quelque chose ?

– Non, rien de spécial. Je dois m’acheter une nouvelle machine à laver. La mienne est sur le point de rendre l’âme.

– Tu veux que je t’accompagne ?

– Oui, pourquoi pas…

– Ok, je passe te prendre dans une heure.

Une heure plus tard, il était en bas de chez elle. Il était toujours ponctuel et elle aimait ça. Elle monta dans sa voiture et il démarra.

L’après-midi se déroula comme prévu. Ils visitèrent plusieurs magasins d’électroménager. Elle ne put s’empêcher de le titiller : « Alors « chéri », qu’est-ce que  tu penses de celle-ci ? Il faudrait qu’on regarde les frigos après ! »

En sortant du centre commercial, il trouva l’opportunité de la taquiner une fois de plus sur son âge. Elle avait cinq ans de plus que lui. Cinq petites années de rien du tout ! Elle essaya de se venger en le bousculant d’un coup de cul bien appliqué mais évidemment, avec sa carrure, elle ne parvint même pas à le faire vaciller.

Deux gamins…

L’heure de rentrer était venue. Il la reconduisit jusque chez elle. Elle s’apprêtait à le remercier et à lui donner un baiser amical sur la joue quand elle vit son regard, intense, posé sur elle. Alors, il lui caressa la joue, tendrement.

Une fois la porte de son appartement refermée, elle se blotti dans son canapé, un coussin serré entre les bras, le sourire aux lèvres.

Oui, elle avait vraiment passé une chouette après-midi…

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Marasme…

17 avril 2012 at 21:51 (Hors catégorie)

Je décolle péniblement une paupière. Il fait sombre dans la pièce. A tâtons, je cherche ma montre sur la table de chevet : 14h26. Ouais, il serait temps que j’émerge.

On est lundi. En ce jour, à cette heure, la moitié de l’humanité bosse, s’active, s’agite, cours frénétiquement dans tous les sens. Et moi, je me redresse péniblement dans mon pieu. Pfff ! Encore cette foutue sensation de tête dans le cul. Comme d’habitude, j’ai mal dormi.

Je me lève et me sers un reste de café froid dans la cuisine. ‘fin, la cuisine… le coin de la pièce qui me sert de cuisine. J’écarte le rideau au-dessus de l’évier et jette un coup d’oeil dans la rue. Il pleut comme vache qui pisse. Sur l’instant, je suis content d’être chez moi. C’est la dèche mais mon luxe, c’est de ne pas être obligé de courir dehors par ce temps de chien. Ma satisfaction est de courte durée. Il m’a suffit de balayer du regard mon studio miteux.

Je vais me rassoir sur mon lit. J’ai envie de m’en griller une. La flamme du briquet fait rougeoyer le cylindre de papier et mes pensées se perdent dans la fumée…

Alors, y a quoi au programme aujourd’hui ? Bof, vu l’heure, je ne crois pas que je vais être très productif. Une petite recherche d’emploi, ce serait bien. Pas que j’y croie encore mais bon, faut bien garnir son dossier en prévision des contrôles. P’tain ! C’te misère ! Et pourquoi j’arrive pas à avoir du taf, moi ? Je ne suis pas plus con qu’un autre. Je ne suis pas handicapé. Ok, j’ai merdé à l’école. Puis, quelques années plus tard, j’ai fait deux ou trois conneries qui restent gravées dans mon casier judiciaire. J’étais jeune, un peu rebelle. J’me sentais pas concerné par la société, les autres, l’avenir. J’avais d’autres aspirations, sans trop savoir lesquelles non plus. Et en ce temps-là, personne n’a su me parler comme il fallait. Personne n’a su me faire prendre conscience des absurdes réalités de ce monde. Mais est-ce que tout ça, c’est une raison valable pour que je me retrouve sur le carreau toute ma life ? Est-ce qu’on n’a pas une seconde chance, normalement ? Non, apparemment, c’est du foutage de gueule. Ou alors, c’est juste moi qui n’y ai pas droit. J’ai fait les mauvais choix, j’me suis planté et je vais le payer jusqu’au bout. Logique.

Alors là, quand je parle comme ça aux gens, y a toujours un crétin qui me demande : « Mais tu ne t’inscrirais pas à une formation ? ». Comme si je n’y avais pas pensé avant toi, bouffon ! Tu ne crois pas que si les formations, ça pouvait sauver le monde, ça se saurait ? Parce que dans ma région, vu les listes d’attente de 2 ou 3 ans pour obtenir une place dans celles qui permettent vraiment de décrocher un job ; vu où se trouvent les centres, délocalisés dans des zonings ou des coins paumés, difficiles d’accès… Eh bien, moi j’te l’dis : c’est pas gagné !

Une crampe soudaine à l’estomac et des gargouillis de plus en plus insistants me rappellent que je n’ai encore rien avalé depuis mon réveil. Je traîne ma carcasse jusqu’au frigo. Bien évidemment, aucune bonne fée n’est venue le remplir pendant la nuit. Bon, va falloir descendre à la supérette…

Je suis remonté vite fait avec une boîte de thon, un pot de mayo « premier prix » et une bouteille de flotte. Ouais, les courses, c’est expéditif quand on est chômeur. Avec les fins de mois qui tombent le 15 au lieu du 30, on n’a pas le souci d »hésiter entre un chateaubriand de bœuf ou une souris d’agneau.

Après mon plantureux repas, je me suis jeté à nouveau sur le lit. T’façon, j’ai rien d’autre à foutre. Quand je pense qu’il y a des mecs qui disent qu’on profite du système… Bon, c’est vrai, parfois, c’est cool d’avoir ni dieu ni patron. Mais franchement, tu crois vraiment que vivre avec une alloc’ de chômage, c’est l’éclate totale ? Tu crois que ça rend riche et épanoui ? Parce que je sais pas toi mais moi, me contenter de regarder les vitrines au lieu d’entrer dans les magasins et d’acheter, c’est pas ça qui m’émoustille, tu vois. Toi, ton job, il t’a permis d’obtenir une baraque, une femme, des mioches, une bagnole et le clebs qui va avec. Moi, je le ferais vivre où et avec quoi, mon môme ? Et puis, faudrait déjà que je trouve une meuf (comprendre : une meuf valable, pas une cassos) qui m’accepte et veuille m’en faire un. Et le regard des autres, tu crois qu’il n’est pas pesant ? « Tu fais quoi dans la life ? », « Ah ! Chômeur… » Trop valorisant comme job !

D’ailleurs, assez cogité ! Il est temps que je me bouge un peu. Je prends le journal gratuit que j’ai ramassé dans le hall d’entrée. Tiens, une annonce pour un ouvrier de pompes funèbres. Ouais, ce serait pas mal, ça. Pour la société, je suis déjà mort alors ce serait plutôt ironique d’avoir un taf où on met les autres en terre, non ?

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