Bouh !

14 mars 2012 at 23:13 (Billets d'humeur (bonne ou de chien si j'ai pas fait ma grass' mat'))

Vous êtes vous déjà demandé quel est le sentiment qui régit le plus votre vie, la vie de chacun d’entre-nous ? Votre première idée va peut-être vers l’amour (la quête du partenaire idéal, par exemple). Ou l’ambition (de faire carrière…). Mais moi, désormais, je ne crois plus que ce sont ces pulsions qui ont la plus grande influence sur nos décisions et nos actes.

Creusez un peu… Encore… Plus profondément… Beaucoup plus profondément (Oups ! Fais noir là dedans, pas vrai ?).

***

Assise sur ma chaise, j’attends sagement que l’exercice imposé par le formateur en GRH commence. Il s’agit de simuler l’entretien d’évaluation d’un employé « à problèmes », sur base d’un cas vécu. Le rôle du supérieur hiérarchique est tenu par la directrice d’un service administratif et celui de l’employé est joué par une collègue d’un autre département. Celle-ci connaît bien le spécimen dont va s’inspirer la saynète puisqu’elle l’a côtoyé également pendant quelques mois.

Le dialogue commence. J’écoute, j’observe. Au fur et à mesure, je réalise que la supérieure s’écrase devant l’employé « difficile ». Là où elle devrait poser des limites, elle se répand en justifications inutiles, qui toutes, la mettent à nu, trahissent son manque de confiance en elle. Je suis sidérée. Cette femme, qui a le pouvoir d’agir, est déstabilisée par son employé, qui ne semble être en réalité qu’un vil manipulateur alternant à loisir menaces de démission et chantage affectif (« Que feriez-vous sans moi ? »). Mais bon dieu ! Qu’est-ce qui empêche la supérieure de mettre le holà à cette situation ? La peur ! Une peur purement psychologique, irraisonnée. Elle ne courrait aucun risque à rétablir son autorité. Au contraire même, elle aurait tout à y gagner, et en premier lieu, la paix de l’esprit. Pourtant, elle ne trouve pas la force de recadrer son adversaire et de surmonter son appréhension.

Après avoir été témoin de cette scène absurde, je me suis mise inévitablement à cogiter sur l’emprise de la peur dans les multiples aspects de notre vie quotidienne. De ce que j’en connais, ce sentiment est avant tout un réflexe primitif qui est sensé nous permettre d’éviter les dangers et donc de survivre. Or, curieusement, il semblerait que pour nombre d’entre-nous, ce soit devenu plutôt un frein inhibant notre épanouissement personnel. Parce que, quand on y songe, nous sommes pétris de peurs de toutes sortes. Beaucoup sont certainement tout à fait justifiées. Passer outre ces avertissements nous mettrait en danger. D’autres, pourtant, sont parfaitement exagérées, voire toxiques, quand on ose y regarder de plus près. Mais autant nous demander d’escalader l’Everest (et même que je suis sûre que certains préfèreraient encore un trip de ce genre).

Moi, je n’ai plus envie de vivre une existence dominée par la peur. Bien entendu, je la ressens encore souvent. Mais j’essaie de faire la part des choses et de voir si mon intérêt réel ne se trouverait pas au-delà. Cela ne veut pas dire que je fonce comme un taureau, non. De nature prudente, je tâte généralement le terrain avant d’y mettre le pied. Mais quand ça me semble fiable, j’essaie de lâcher la bride. Et chaque fois que j’arrive à aller au-delà de ma peur, je me sens libérée d’un poids. J’ai même parfois l’impression d’avoir gagné aussi un peu de vraie liberté. Si ça, c’est pas une motivation qui en vaut la peine…

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