Jamais…

23 décembre 2011 at 10:33 (Hors catégorie)

Enfant, j’adorais Noël. Les décorations, les lumières, tous ces cadeaux qui apparaissent un beau matin comme par magie parce que j’avais été sage (hum !)…

Un vieux bonhomme barbu venait soi-disant les apporter durant mon sommeil. Puis, un jour, j’ai fini par savoir qui c’était. Toutefois, pendant quelques années encore, j’ai trouvé des présents au pied du sapin. En petite curieuse/impatiente que j’étais, je me demandais où elle les planquait en attendant le jour de pouvoir me les offrir. C’était devenu une sorte de jeu, un défi, entre elle et moi.

Je n’ai jamais trouvé la cachette. Pourtant, l’appartement n’était pas grand. Peut-être aussi que je ne voulais pas réellement savoir.

Elle n’est plus depuis longtemps et cette question est remontée à la surface de mes souvenirs. Et je réalise qu’elle restera à jamais sans réponse…

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Le mythe de l’âge d’or… ‘fin, de l’âge plaqué or

19 décembre 2011 at 14:33 (Billets d'humeur (bonne ou de chien si j'ai pas fait ma grass' mat'))

Les idées reçues ont la vie dure. C’est normal puisque ce sont des réponses toutes faites qui nous évitent de regarder plus loin que le bout de notre nez et ça nous rassure. C’est pas une critique, c’est humain. Comme tout être vivant, nous sommes programmés pour rationaliser nos dépenses énergétiques.

Mais moi, elles me gavent un peu tout de même.

En ce moment, l’une d’elles qui me revient souvent dans les oreilles, c’est que « la vie de couple, c’était bêêêêllement têêêêllement mieux avant ».

Alors déjà, j’aimerais bien qu’on me précise quand exactement. C’est quoi « avant » ? Durant la préhistoire ? En l’an de grâce 1314 ? Il y a 50 ans ? Et puis, qu’on me dise aussi « comment » c’était mieux. Oui, je sais : je suis chiante, j’aime les faits concrets. Mea culpa.

Quand on creuse un peu la question avec les tenants de cette théorie, ceux-ci évoquent une période temporelle indéterminée où les couples respectaient jusqu’à la mort les vœux d’amour et de secours prononcés lors du mariage.

Tiens, c’est bizarre. Je n »ai jamais entendu parler de cette ère paradisiaque, moi. D’ailleurs, d’après les reliquats de mes connaissances en Histoire, la prise en compte de l’amour dans le couple est un phénomène plutôt récent. Jusqu’au 20ème siècle (et j’oserais presque dire : jusqu’à la deuxième moitié du 20ème siècle), le mariage était une institution à vocation purement religieuse et donc sociale. Comme c’est encore le cas aujourd’hui au sein d’autres cultures aux mœurs plus traditionnelles. On se mariait pour perpétuer la lignée, pour transmettre le patrimoine… D’ailleurs, les familles étaient fortement impliquées dans le processus. Soit les parents s’occupaient d’organiser de A à Z l’union de leur progéniture jusque dans le choix du partenaire, soit, dans les cas les plus heureux, il fallait au minimum obtenir leur aval. Et l’amour dans tout ça ? Ben, c’était juste un bonus tout à fait aléatoire pour les conjoints qui avaient de la chance et rien de plus. C’en était au point que celui ou celle qui ne trouvait pas (ou pour qui on ne trouvait pas…) chaussure à son pied était relégué au ban de la société. Une sorte de paria infertile, donc sans intérêt et sans avenir. Eh oui ! Il n’était pas bon de finir vieille fille ou du vieux garçon, autrefois. Aujourd’hui, c’est une situation, voire même un choix, relativement toléré même si toujours dérangeant aux yeux de certains. « Avant », c’était une tare, tout simplement.

Alors, vous trouvez qu’il y a toujours de quoi être nostalgique ?

Dans ce contexte, il est bien évident que la dissolution d’une union relevait de l’inconcevable ou du moins de l’exceptionnel. Et, dans ce cas, bonjour la mise à l’écart aussi, surtout si l’initiative venait de la femme. L’assassinat… Le veuvage était donc généralement la seule possibilité de délivrance. Ou les relations extra-conjugales, encore une fois uniquement pour les plus chanceux (ou les plus audacieux). Et bien entendu, elles étaient socialement mieux tolérées pour monsieur que pour madame, hypocrisie et nécessité de garantir la paternité obligent.

Je sais pas vous, mais moi, ça ne me fait toujours pas tripper, ce passé merveilleux.

Mais bref, continuons…

En fait, si on y regarde de plus près, on constatera que l' »épidémie » de « divorcite » a commencé à la fin des années soixante-dix. Après la deuxième guerre mondiale, probablement en réaction à celle-ci, les mœurs évoluent grandement. On entre dans une nouvelle ère : celle, croissante, de l’individualisation. Les femmes relèvent l’échine, poussent une bonne gueulante et acquièrent enfin des droits (j’en profite pour préciser que le fait d’aller travailler n’en fait pas partie parce que trimer, en réalité, elles le font depuis des lustres. Le mythe pseudo historique de la femme au foyer qui s’occupe uniquement de sa progéniture en attendant que « chéri » lui file sa paie est au moins aussi infondé que celui du mariage heureux). L’épouse est enfin reconnue comme une personne majeure (au sens juridique du terme) au sein de son couple. Elle peut par exemple ouvrir et gérer son propre compte en banque sans demander l’autorisation de son mari, fonder une entreprise à son nom, recevoir un salaire correct (même si pas encore égal à celui des hommes) etc… Probablement parce que c’est dans l’air du temps, la législation sur le divorce est revue également.

Du coup, forcément, bobonne s’affirme et prend petit à petit les rênes de sa vie en main. Il est fini, le temps où elle devait encaisser sans autre choix. Désormais, elle s’octroie le luxe d’envoyer valdinguer pépé quand elle en a marre de sa pomme. De même, pépé se dit que bobonne s’en sortira très bien sans lui et il s’octroie lui aussi le bonheur de l’envoyer sur les roses quand elle commence à lui pomper l’air un peu trop. Alors oui, aujourd’hui, on divorce ou on se sépare à tire larigot mais crévindiou !, au moins on n’est plus obligé de subir ! On peut (re)vivre !

Tiens, je sais pas vous mais moi, être libre de choisir, ça me parle beaucoup plus que de me soumettre aveuglement à des contraintes sociales, religieuses et tutti quanti. Certains passéistes objecteront encore cette évolution a entraîné une déliquescence des mœurs, que nous ne savons plus nous battre pour les « vraies » valeurs. A ceux-là, je demanderai en quoi les leurs, qui riment avec contraintes (et donc souvent frustration), sont meilleures que celles qui riment avec épanouissement ; en quoi le sacrifice du bien-être individuel au niveau marital apporte un plus à la société. De nos jours, beaucoup (et parmi eux des professionnels tels que des psys ou autres) s’accordent pour dire que mieux vaut une bonne rupture qu’une mauvaise union. Même pour les enfants. Puis, je leur rétorquerai encore que tenter d’être heureux(se), quelque soit le chemin que nous choisissons d’emprunter, c’est une valeur qui mérite qu’on lutte. Et âprement !

En fait, si ça se trouve, ce fameux âge d’or que tant regrettent, nous sommes en plein dedans et comme d’habitude, on ne s’en apercevra que quand il sera derrière nous…

***

Pour être honnête, je pense tout de même avoir une petite idée de la période à laquelle se réfèrent les nostalgiques. Il s’agit probablement des Golden Sixties où la prospérité économique, aussi fulgurante que fugace, a permis brièvement à de nombreux mâles d’assumer seuls l’aspect financier du foyer. Et où la femme n’était pas encore culturellement ni juridiquement émancipée. De cette époque glorieuse, quelques couples subsistent encore aujourd’hui. Parmi eux, peut-être vos parents. Mais au-delà de l’image d’Épinal (renforcée par des séries télé comme « Ma sorcière bien aimée », pour parler de la plus connue de ce côté de l’Atlantique), je me demande bien ce que ces braves gens raconteraient si on les laissait s’exprimer à huis clos. Certains seraient peut-être très heureux d’en être arrivés là, je n’en doute pas. Mais d’autres exprimeraient certainement aussi des souffrances et des regrets, des vies bâties sur les apparences et les non-dits. Des existences gâchées… Non, vraiment très peu pour moi !

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La trentaine, la fin de l’amour ?

16 décembre 2011 at 11:06 (Billets d'humeur (bonne ou de chien si j'ai pas fait ma grass' mat'))

(NDLGG : Avant de débuter ce billet, un petit rappel : je n’ai aucune prétention comme psy ou sociologue. Cet article est le fruit de réflexions perso basées uniquement sur mon observation et mon ressenti, donc forcément ni exhaustif ni objectif.)

Oui, je sais : voilà un titre bien mélodramatique. Mais depuis mon arrivée dans l’univers des célibataires, je constate à force de discuter, que parmi les gens de ma génération, nombre d’entre-eux (et je m’inclus dans le lot) ne souhaitent pas (ou plus) spécialement fonder un vrai couple.

Les raisons de cette frilosité sont multiples. En voici quelques-unes que j’ai entendues : il y a ceux qui ont déjà vécu cette aventure « traumatisante » et qui ne sont pas prêts à remettre le couvert de si tôt, ceux qui luttent toujours contre les réminiscences d’un passé pas vraiment heureux et qui ne sont donc pas dans les conditions pour partager leur vie et puis, il y a aussi le fait que beaucoup ont atteint une certaine plénitude dans leur existence (un bon boulot, une maison, un ou plusieurs mômes, la plupart du temps en garde partagée) et qu’ils n’ont pas envie de bouleverser cette situation bien confortable pour un(e) intrus(e), potentiellement porteur(se) de troubles.

Du coup, il me semble qu’à la trentaine, les relations alternatives (plans cul, sex friending plus ou moins « sex »/plus ou moins « friend », selon les convenances des partenaires) deviennent de plus en plus répandues.

A mon sens, cette évolution des mœurs a au moins le mérite d’éclairer le sentiment amoureux sous un autre jour. En effet, une fois qu’on est arrivé à un stade de sa vie où on a décidé qu’on n’a plus besoin à tout prix de la présence continuelle de quelqu’un à ses côtés pour se réaliser, une fois que la crainte de se planter a remplacé – au moins pendant un temps – l’espoir de reconstruire, que reste-t-il comme motivation valable à la fondation d’une relation amoureuse profonde ? Si celle-ci naît et parvient à grandir dans ces conditions, c’est que les deux partenaires en présence doivent être réellement charmés l’un par l’autre. Ou que le besoin de s’unir correspond peut-être à leur tempérament intrinsèque, tout simplement.

Il n’empêche… J’espère bien ressentir un jour à nouveau ces délicieux petits papillons qui chatouillent le ventre et avoir envie de vivre une vraie histoire avec quelqu’un, même sans objectif particulier. Juste parce que ce sera lui et que ce sera moi…

Ça y est,  je viens de faire mon coming out : je suis affreusement romantique et maso !

Argh !

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