La condamnation

25 août 2011 at 15:09 (Amours de femmes)

Les yeux grands ouverts, couchée dans son lit, elle fixait le plafond dans la nuit noire. Demain serait le dernier jour de son existence. Elle n’allait pas mourir, non. Mais sa vie allait tout de même très certainement s’arrêter. La tension était insoutenable et pourtant, cela faisait des semaines qu’elle la supportait. Par moment, elle aurait donné tout ce qu’elle avait pour que le temps s’accélère et que ce soit enfin terminé. A d’autres, elle aurait aimé pouvoir de le figer, que tout reste inchangé pour l’éternité… L’esprit vide devant le constat de son impuissance, elle ferma les yeux. Finalement, la fatigue l’emporta sur l’angoisse et, sans en avoir réellement conscience, elle sombra dans un sommeil agité et sans rêves.

***

La voix de stentor de l’huissier résonna dans la salle : « Mesdames et messieurs, la Cour ! »

Stimulée par le stress, elle réagit brusquement et se leva du banc avec un élan qui surprit son avocat. Elle portait un tailleur strict et sombre. De part sa manière de se tenir, on devinait au premier regard que ce n’était pas sa mise habituelle.

Les quelques personnes présentes dans la salle se rassirent. La juge balaya l’audience du regard, rehaussa ses lunettes et annonça : « Nous allons à présent passer à la lecture du jugement. Je demande le silence. »

Alors, sur un ton monocorde, elle commença sa litanie.

« Tribunal correctionnel de Bruxelles, audience publique du 14 février 2011, en cause le Ministère Public contre Madame X, prévenue d’être tombée sottement amoureuse d’un voyou condamné ce jour à 2 ans d’emprisonnement sans sursis pour divers délits, Madame la Présidente prononce le jugement suivant : vu les pièces de la procédure, entendu le Ministère Public en ses réquisitions, attendu que la prévenue n’a pas eu le bon sens de mettre un terme à cette liaison alors qu’elle est pleinement consciente des tourments conséquents à sa fidélité aveugle, attendu la naïveté de la prévenue qui a été retenue comme circonstance atténuante, par ces motifs le Tribunal, statuant, condamne par extension du sort Madame X à 2 ans d’emprisonnement sans sursis. La prévenue pourra néanmoins purger sa peine à domicile, celle-ci se limitant à attendre patiemment et sagement la libération de son égocentrique conjoint. Elle sera également autorisée à entretenir avec lui une correspondance et à lui rendre visite pendant la durée de son incarcération. De même, elle pourra encore lui apporter le soutien financier nécessaire à l’adoucissement de ses conditions de détention ».

Son avocat lui tapota sur le bras : « C’est fini, Madame. Vous pouvez rentrer chez vous et prendre vos dispositions. »

Arrivée à la maison, elle se laissa choir dans le canapé et pleura longuement. Quand elle eut enfin terminé, elle chercha les coordonnées de l’établissement pénitentiaire où il avait été envoyé et composa le numéro sur son portable : « Bonjour, j’aimerais connaître les horaires des visites à carreau et autres renseignements utiles… »

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Les goûts et les couleurs… et les décos de jardin

12 août 2011 at 20:17 (Près de chez moi...)

Dans un précédent article, j’avais évoqué le cas d’un magasin de lingerie, situé dans la ville où j’habite et qui avait attiré mon attention. Mais ce n’est pas la seule curiosité du coin. Allez comprendre pourquoi (la sociologie a encore de l’avenir, c’est moi qui vous l’dis), beaucoup de gens de ma région ont développé une passion pour les nains de jardin. Bien entendu, s’il ne s’agissait que de cela, je n’en ferais pas le sujet d’un billet. Les nabots moches en plastoc, on en trouve un peu partout, c’est d’une banalité affligeante. Mais ici, c’est tout un bestiaire délirant, absurde, kitsch à souhait, qui a vu le jour et qui a essaimé dans les jardins.

Je vous laisse apprécier…

Disnainland

Composition boculique du plus bel effet...

Par chez moi, y a pas que des nains dans les jardins. Y a aussi des aigles. L'histoire ne dit pas si les seconds bouffent les premiers.

Des oies de jardin...

Des chevals de jardin...

Des lézards de garage...

Des bustes romains, des moulins et des hiéroglyphes (les plaques sur les murs)... Me demandez pas le rapport entre les trois, hein !

Et enfin, le nec plus ultra : l'Atomium de jardin. Pour les Français qui ne connaîtraient pas, l'Atomium est un monument national belge, vestige de l'expo universelle de 1958. Là, en gros, c'est comme si vous exposiez une Tour Eiffel miniature sur votre pelouse. Ca vous viendrait à l'esprit, vous ? Moi non plus.

Mais où est le Front de Libération quand on a besoin de lui ???

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