Sois mère… et tais-toi !

16 juillet 2011 at 23:47 (Billets d'humeur (bonne ou de chien si j'ai pas fait ma grass' mat'))

Petite histoire des temps modernes…

« Il était une fois une jeune femme, ni belle ni vilaine, la trentaine, dont le ventre proéminent ne laissait pas vraiment de doutes sur l’événement qui allait survenir dans un avenir proche.

En effet, quelques jours plus tard, elle se présenta aux urgences de l’hôpital. Les douleurs de l’accouchement lui furent en partie épargnées grâce à une péridurale bien dosée et quatre heures après son arrivée, l’infirmière, tout sourire, le déposa enfin dans ses bras :

– Félicitation, madame ! C’est un beau cerveau !

Le gynéco prit sa lampe de poche et vérifia par les narines et les oreilles de la parturiente qu’un bout de dure-mère n’était pas resté accroché à la paroi intracrânienne mais tout semblait s’être passé dans les règles de l’art.

La jeune mère, ravie, fut conduite à sa chambre. C’était le début d’une nouvelle vie… »

Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? J’ai dit un truc ? Ah oui, le coup du cerveau…

En fait, si j’ai écrit cette intro un peu particulière, c’est parce que c’est l’effet que me font les mères d’aujourd’hui, quand je les écoute. D’être décérébrées, pour la plupart.

Une fois qu’elles ont charge d’enfants, ces femmes modernes, filles de la génération de 68, ayant bénéficié d’une éducation plus ou moins poussée, souvent intégrées dans la vie active, n’ont quasiment plus qu’un seul et unique sujet de conversation : leur progéniture ! Pendant plusieurs années (jusqu’à la fin de leurs jours pour les cas pathologiques), la maternité marquera pour nombre d’entre-elles la limite de leur horizon intellectuel.

Quotidiennement (notamment si vous en fréquentez à votre boulot comme moi), la mère de famille ressentira le besoin de vous raconter diverses anecdotes absolument « passionnantes » en rapport avec le fruit de ses entrailles. Et vous êtes priés d’avoir le cœur bien accroché, parce que parfois, c’est gratiné ! Oui, la mère de famille est généreuse par nature, c’est connu. Donc, elle aime aussi partager avec vous les turpitudes que lui impose ce petit être qu’elle a choisi d’engendrer (pas vous, mais ça, elle s’en fout). Ça va de la nuit blanche (soft), aux douleurs causées par les crevasses aux tétons que provoque parfois l’allaitement (ah, je vous sens déjà un peu plus crispés !), pour en arriver au lange qui a débordé (Bingo ! Nous y sommes !) (*).

Au fur et à mesure que son petiot fera l’apprentissage de la propreté, la conversation de la mère de famille deviendra moins gore. Mais pas forcément plus intéressante ou diversifiée. Son centre d’intérêt number one restera toujours le même. Elle continuera à vous narrer régulièrement (même si vous n’êtes pas demandeur) les prouesses ou les foirages scolaires de son « bébé », ses premières amours, sa crise d’acné d’adolescence… Ceci dit, si vous avez un peu de chances, le gamin devenant plus autonome (l’envoyant sur les roses), elle recouvrira progressivement quelques-unes de ses facultés intellectuelles et vous pourrez espérer varier un peu les discussions.

Alors, ok. Je suis tout à fait d’accord pour convenir que la naissance d’un enfant est un événement majeur dans la vie des femmes (et des hommes aussi, d’ailleurs). Que cela peut engendrer une multitude infinie de bouleversements, plus ou moins bien vécus selon les personnes. Que c’est tout sauf une sinécure. Je suis maman aussi (eh ouais, messieurs-dames mes détracteurs, va falloir ranger vos flingues ou vous allez faire deux orphelins).

Mais, en y réfléchissant bien, n’est-ce pas un sujet de conversation éminemment personnel ? Que l’on en touche occasionnellement un mot ou l’autre à son entourage, d’accord. Que l’on pose des questions, que l’on s’informe, d’accord. Que l’on ressente à un moment le besoin d’en parler parce qu’on vit un épisode difficile ou, au contraire, très heureux, toujours d’accord. Mais de là à en faire son pain quotidien pour le tout venant comme le font certaines, alors là, pas d’accord.  Soyons honnêtes : ce qui arrive aux enfants des autres nous intéresse beaucoup moins que les « exploits » des nôtres. En général, dans ce genre de dialogue, on attend qu’une seule chose : que l’autre se taise pour que l’on puisse enfin s’épancher à notre tour. A partir du moment où ils sortent d’un certain cercle d’intimes, ces échanges sont donc, à mon avis, profondément égocentriques.

Enfin, faudrait p’têt se souvenir que nous procréons depuis des millénaires et que ça n’a jamais empêché la Terre de tourner. Des millions de femmes sont passées par là avant nous. Et dans des conditions souvent bien moins favorables que celles que nous connaissons aujourd’hui (en tout cas en Occident). Alors, moi je dis que ce serait bien d’essayer de se concentrer parfois sur autre chose que nos nombrils de mères. Et de garder nos esprits en éveil. Parce que justement, ça nous aiderait à donner à nos mômes chéris les moyens de s’en sortir dans le monde hostile dans lequel on les a fait naître. Et parce que nous ne devons pas oublier que la maternité, ce n’est que l’un des aspects de la féminité…

(*) Ce n’est pas une caricature, c’est du vécu. Et croyez-moi, je vous épargne bien des détails…

6 commentaires

  1. Leon said,

    ce titre est discriminent envers les couples homos avec enfants!
    au 21enne siecle, terme « mere » et discriminant!
    merci d utiliser « parents » et d arreter de discriminer avec vos mots feminins!

    • Ghost Girl said,

      Ah non ! Pas de polémique sur mon blog svp ! (‘fin si, juste celles dans lesquelles je choisis de m’enfoncer toute seule avec avidité). Cet article peut réveiller l’ire de bien des femmes et vous savez combien c’est féroce, une femme en colère ! Vous n’allez pas me mettre les homos sur le dos en plus, didjuuu !

  2. Le Gounjou said,

    Sans oublier les profile pictures de Face de Bouc exhibant des ventres ronds ou la bouille de leurs marmots (valable pour les 2 parents ce type de comportement). S’oublier soi-même à ce point, c’est juste écœurant.

    • Ghost Girl said,

      Je répondrai à cette attaque profondément cruelle et injuste (Hum !) par la parade absolue de tout Parent qui se respecte : « Naaaaaan mais tu peux paaaaaas comprendre ! T’as paaaaaas d’enfants, twouaaaaaa ! T’es paaaaaas comme Nous ! » (*vomit*)

      Et si t’as des enfants, je voterai pour ta condamnation par noyade/pendaison/écartèlement pour avoir tenu ces propos hérétiques envers le Clan !

      • Le Gounjou said,

        Et non, j’ai pas encore le privilège de goûter aux joies des nausées et sautes d’humeur de la grossesse, et encore moins des vacances scolaires H24 avec les gosses caca prout. Décidément, C’est vraiiii, jpeux pas comprennnnndre.
        Il est sympa ce blog, t’as juste droit à un sermon quand t’es nullipare, mais la condamnation par noyade/pendaison/écartèlement si t’as des mômes.

        • Ghost Girl said,

          C’est normal. Si t’as pas encore eu de niards, on peut te pardonner tes erreurs de jugements : « Tu verras. Quand ce sera ton tour, tu comprendraaaaas ! ». Tandis que si t’en as et que t’es pas comme les zôtres, c’est le sort que le Clan réserve aux traîtres. Et puis, j’aime bien dramatiser un peu, voire installer un climat de terreur. C’est bon pour l’ambiance… J’devrais d’ailleurs songer à me recycler dans l’animation de bals pop’. Mais je m’égare…

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