Laide…

24 mai 2013 at 14:04 (Amours de femmes)

Laide, je suis devenue laide.

Non, ce n’est pas tout à fait exact.

Tu m’as rendue laide.

Ce n’est pas le temps maussade qui a altéré l’éclat de mon teint. Ce n’est pas la vie qui m’a volé mon sourire. Ce ne sont pas les années qui ont creusé ces sillons aux coins de mes yeux. Non, c’est toi. Et toutes les larmes que tu m’as fait pleurer.

Je me regarde dans le miroir et je ne me reconnais plus. Pourtant, je n’ai pas vraiment changé. C’est juste que dans mes yeux, il n’y a plus… cette petite lueur. Cette étincelle de joie, d’optimisme. Désormais, mon regard est vide.

Je détourne la tête, honteuse. Je ne me supporte plus. Mais comment as-tu pu me transformer à ce point ? Par quel sortilège ?

Autrefois, j’ai été heureuse avec toi. Mais cette époque n’a pas duré bien longtemps.

Hier soir, je t’ai longuement observé alors que tu étais endormi devant la télé. Tellement avachi dans le canapé qu’on aurait dit un pantin démembré. Ta panse proéminente dans ta chemise tachée aux boutons sur le point de craquer, tes bras trop gras affalés le long de ton corps, tes jambes écartées vulgairement, ta tête renversée, ta bouche, ouverte, d’où s’échappaient des grognement sporadiques… Et dire que je t’ai aimé ! Cela me paraît tellement incompréhensible à présent.

Ce soir-là, tu étais à ma portée. Cela aurait pu être si simple. Je t’aurais proposé un verre de bière, que tu aurais bien sûr accepté. Dans celui-ci, j’aurais ajouté subrepticement quelques cachets. Et une fois assoupi, j’aurais recouvert ton visage d’un oreiller. Puis, j’aurais appuyé, fort.

Mais je n’ai pas encore ce courage-là. Pour le moment, je me contente de cracher dans ton assiette. Je crache tout le dégoût que tu m’inspires.

Voilà combien je suis devenue laide.

En fait, je crois que ce soir, c’est moi qui vais prendre quelques cachets. Pour une fois, j’ai envie de bien dormir. Et peut-être même de ne plus me réveiller…

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La voleuse

18 novembre 2012 at 15:01 (Amours de femmes)

Un samedi soir sur la Terre…

Elle est seule chez elle. Rien à faire, rien à lire, rien à penser, même rien à regarder à la télé.

En désespoir de cause, elle prit son pc portable sur ses genoux et se connecta sur son site de rencontres favori. En quelques clics, la toile s’ouvrit à elle, prête à la happer dans le gouffre de ses possibilités infinies, de ses surprises bonnes ou mauvaises.

Un petit signal rouge apparut en haut de l’écran. Elle avait un nouveau message d’Oli74. Ils avaient commencé à discuter il y a quelques jours déjà.

Elle lui répondit :
– Salut, comment vas-tu ? T’as quoi de beau au programme, ce soir ?
– Rien de spécial. Et toi ?
– Pas mieux, lol.

Lors de leurs échanges précédents, il lui avait donné l’impression d’être un homme doux, respectueux et gentil.
– Et si on ne faisait rien ensemble ? proposa-t-il tout à coup, en terminant sa phrase par un smiley.
« Oui, après tout, pourquoi pas ? », se dit-elle.

Trois quart d’heure plus tard, elle se garait à quelques mètres de l’adresse qu’il lui avait indiquée. Elle jeta un dernier coup d’oeil dans le rétro pour s’assurer qu’elle était impeccable, coupa le moteur et descendit. Arrivée sur le perron, elle pressa légèrement le bouton de la sonnette et il vint lui ouvrir la porte.

Oups ! Il n’était pas vraiment comme elle l’avait imaginé ! Il était plus petit, plus chétif que ce qu’il paraissait en photo. Rester ou partir ? Elle dut se décider en un dixième de secondes. Elle n’avait définitivement pas envie d’être seule ce soir, elle choisit donc de rester.

Il la fit entrer dans le hall, la guida jusqu’au salon. Une fois assise, il lui proposa un verre. Après quelques minutes de discussion, il lui tendit la main : « Viens, je vais te faire visiter ».
– Voici donc la cuisine et derrière cette porte, c’est le jardin. Tu veux voir ?
– Oui. Ah, sympa la terrasse. Et le lierre sur le mur, très joli.
– Et par ici, ce sont les chambres.
Elle le suivit dans l’escalier.
– Là, c’est celle de mon fils. Il est chez sa mère ce week-end. Et ici, c’est la mienne.
Et, se tournant vers elle, il l’embrassa…

Le lendemain matin, elle se réveilla au milieu des draps froissés.
– Tu veux un café ? lui demanda-t-il.
– Non merci, je… Je dois y aller.
– Déjà ? Tu es sûre ?
– Oui, j’ai des choses à faire aujourd’hui.
Et elle se rhabilla.

Arrivée sur le pas de la porte, elle allait sortir quand il la retint par le bras :
– On se reverra ?, lui demanda-t-il, une lueur d’espoir dans les yeux.
– Non. Je suis désolée.

Et elle le quitta, silhouette fuyante, tête basse, poings serrés dans les poches de son manteau.

Cette nuit-là, elle ne serait restée seule pour rien au monde. Elle avait besoin de bras autour d’elle. Il ne lui plaisait pas vraiment mais il s’était montré doux et attentionné, comme elle l’avait pressenti. Entre eux, elle savait que ce ne serait jamais qu’une histoire d’un soir. Et à présent, elle avait cette sensation étrange de repartir comme une voleuse, une voleuse de tendresse…

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Le message…

12 septembre 2012 at 13:44 (Amours de femmes)

Le tintement de son gsm se fit entendre. Elle leva les yeux du miroir avec un air dubitatif et se saisit de l’appareil qui se trouvait sur la commode pour lire le message qu’elle venait de recevoir. « Quel est encore l’enquiquineur… ? », grommela-t-elle intérieurement.

Son cœur s’arrêta. Ce numéro… Elle l’avait effacé de son répertoire depuis longtemps mais elle le reconnaîtrait toujours entre mille. Trois mots seulement : « Comment vas-tu ?».

Un juron lui échappa : « L’enfoiré !»

Ce texto, elle se doutait qu’elle le recevrait un jour. Au début, elle l’avait attendu, espéré même. Et puis, avec le temps, elle avait fini par ne plus y penser.

Des dizaines de fois, elle s’était posé la question : comment réagirait-elle s’il la recontactait ? L’enverrait-elle au diable en lui disant ses quatre vérités ? Devrait-elle lui répondre ? En aurait-elle même l’envie ? Elle avait tant souffert quand il l’avait laissée…

Mais de l’eau avait coulé sous les ponts depuis la fin de leur histoire. La plaie avait cicatrisé. Et puis, à quoi bon entretenir de la rancœur ?

Elle se mit à pianoter sur les touches de son téléphone. Ça allait bien, merci. Elle avait fini par obtenir sa promotion. Elle espérait que tout se passait bien pour lui aussi. A une prochaine, bisou. Elle se relut : simple, bref, amical sans être trop affectif, un message qui ne demandait pas non plus de réponse, afin de lui faire ressentir subtilement un certain détachement… Par-fait ! Elle appuya sur « envoyer ».

Nouveau tintement de son gsm. Il n’avait pas tardé ! Il était heureux d’apprendre qu’elle allait bien, rien de neuf dans sa vie à lui, malheureusement.

En effet. Sa nouvelle relation ne semblait pas le rendre plus gai et plus optimiste. Elle ne put s’empêcher de ressentir une pointe de satisfaction en faisant ce constat.

Gentiment, elle lui répondit, essayant de trouver quelques mots pour le réconforter. Et leur échange s’emballa. Ils se retrouvèrent. Il y avait toujours la même complicité entre eux, comme si rien ne les avait jamais séparés.

« Il faudra que tu m’invites à boire un café, à l’occasion », finit-il par lui écrire.

– Ce soir ?

– Malheureusement, je suis prise ce soir. Demain ?

– Oh ! Non, demain, ce ne sera pas possible pour moi.

– Ok. Fais-moi signe quand tu as envie de passer.

– D’accord. Je t’embrasse.

– Moi aussi, bisous…

Le tintement de son gsm retentit encore. Un autre numéro, cette fois : « Alors, ma jolie, tu es prête ? »

« Oui. Je termine de me maquiller et je te rejoins… »

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Catharsis

21 juin 2012 at 19:24 (Amours de femmes, Liberty, libertine...)

Ces lèvres inconnues qui se posent sur les siennes… Des lèvres épaisses et sèches. Cette langue, pointue, qui se fourre goulument dans sa bouche, qui la fouille, la bouscule, la brusque…

Elle a envie de le repousser mais elle se ravise. C’est son destin, elle le sait bien.

Alors, elle s’abandonne.

Les mains vigoureuses qui avaient saisi son visage descendent à présent le long de son corps. Il la découvre, palpe avidement sa féminité. Ses paumes saisissent  ses seins, ses fesses. Dans la fougue de son étreinte, il la soulève, l’attire vers lui et lui avale la bouche de plus belle.

Nausée…

Elle se reprend. Il ne faut pas résister : c’est un passage obligé.

Elle s’allonge sur le lit et le laisse venir à elle, écarte les cuisses docilement pour mieux l’accueillir. Il l’écrase, lui coupe le souffle.

Il glisse les doigts le long de sa fente. Elle est humide. Elle est prête. Alors, il se redresse, empoigne sa queue et s’enfonce en elle.

Elle se crispe et se cambre sous les coups de reins. Des gémissements s’échappent de sa gorge. Parfois des râles. Parfois des cris.

Elle est bonne, il prend un pied de dingue. Il la bourre, encore et encore, remonte ses jambes pour la pénétrer aussi profondément qu’il le peut. Enfin, il finit par jouir dans un spasme.

Il s’est détaché d’elle, elle est allongée à côté de lui. Elle lui tourne le dos. Il lui demande si elle a aimé, elle acquiesce dans un murmure affirmatif. Il ne voit pas les larmes qui coulent sur le drap.

Voilà, c’est fait. Elle a couché avec un autre. Elle n’en avait pas envie. Elle savait que ce ne serait pas pareil, qu’il n’y aurait plus cette magie. Mais c’était une étape de plus vers la guérison, vers l’oubli. L’oubli de Lui…

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Les bras des hommes…

19 mai 2012 at 02:30 (Amours de femmes)

Si vous demandez aux femmes ce qu’elles regardent en premier chez un homme, elles vous répondront probablement le visage, les mains, ou même les fesses. Et, si on en croit les publicitaires, elles doivent certainement apprécier aussi les poitrails musclés.

Moi, ce qui m’émeut le plus chez un homme, ce sont ses bras. Les bras des hommes, ils ne sont pas comme les nôtres qui sont frêles et mous, la plupart du temps. Les bras des hommes, ils sont épais. Ils sont secs. Ils sont durs. Même quand il n’a pas une stature de mannequin ou de sportif aguerri, les bras d’un homme sont souvent virils. Et c’est tellement agréable à toucher…

Généralement, l’avant-bras est plus ou moins poilu mais le biceps est lisse. Quel plaisir, ce contact direct avec la peau nue… Passer mes doigts sur l’arrondi de l’épaule puis descendre doucement, tendrement, en savourant le dessin de la musculature. En tournant autour pour en apprécier le galbe, puis la finesse, à l’articulation du coude. Les bras d’un homme me font penser à ces cours d’eau tortueux et sauvages dont on découvre les méandres en les dévalant. Et puis, au bout du voyage, qu’il est bon de glisser ma main dans la sienne.

Les bras d’un homme, ce sont sa force mais aussi sa tendresse.

Alors, s’il te plaît, serre-moi fort au creux des tiens…

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Une chouette après-midi…

29 avril 2012 at 11:01 (Amours de femmes)

La sonnerie de son GSM retentit. C’était Lui.

Elle décrocha : – Salut !

– Salut !  Ça va ?

– Oui, tranquille. Je suis en congé.

– Et tu fais quelque chose ?

– Non, rien de spécial. Je dois m’acheter une nouvelle machine à laver. La mienne est sur le point de rendre l’âme.

– Tu veux que je t’accompagne ?

– Oui, pourquoi pas…

– Ok, je passe te prendre dans une heure.

Une heure plus tard, il était en bas de chez elle. Il était toujours ponctuel et elle aimait ça. Elle monta dans sa voiture et il démarra.

L’après-midi se déroula comme prévu. Ils visitèrent plusieurs magasins d’électroménager. Elle ne put s’empêcher de le titiller : « Alors « chéri », qu’est-ce que  tu penses de celle-ci ? Il faudrait qu’on regarde les frigos après ! »

En sortant du centre commercial, il trouva l’opportunité de la taquiner une fois de plus sur son âge. Elle avait cinq ans de plus que lui. Cinq petites années de rien du tout ! Elle essaya de se venger en le bousculant d’un coup de cul bien appliqué mais évidemment, avec sa carrure, elle ne parvint même pas à le faire vaciller.

Deux gamins…

L’heure de rentrer était venue. Il la reconduisit jusque chez elle. Elle s’apprêtait à le remercier et à lui donner un baiser amical sur la joue quand elle vit son regard, intense, posé sur elle. Alors, il lui caressa la joue, tendrement.

Une fois la porte de son appartement refermée, elle se blotti dans son canapé, un coussin serré entre les bras, le sourire aux lèvres.

Oui, elle avait vraiment passé une chouette après-midi…

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Marasme…

17 avril 2012 at 21:51 (Hors catégorie)

Je décolle péniblement une paupière. Il fait sombre dans la pièce. A tâtons, je cherche ma montre sur la table de chevet : 14h26. Ouais, il serait temps que j’émerge.

On est lundi. En ce jour, à cette heure, la moitié de l’humanité bosse, s’active, s’agite, cours frénétiquement dans tous les sens. Et moi, je me redresse péniblement dans mon pieu. Pfff ! Encore cette foutue sensation de tête dans le cul. Comme d’habitude, j’ai mal dormi.

Je me lève et me sers un reste de café froid dans la cuisine. ‘fin, la cuisine… le coin de la pièce qui me sert de cuisine. J’écarte le rideau au-dessus de l’évier et jette un coup d’oeil dans la rue. Il pleut comme vache qui pisse. Sur l’instant, je suis content d’être chez moi. C’est la dèche mais mon luxe, c’est de ne pas être obligé de courir dehors par ce temps de chien. Ma satisfaction est de courte durée. Il m’a suffit de balayer du regard mon studio miteux.

Je vais me rassoir sur mon lit. J’ai envie de m’en griller une. La flamme du briquet fait rougeoyer le cylindre de papier et mes pensées se perdent dans la fumée…

Alors, y a quoi au programme aujourd’hui ? Bof, vu l’heure, je ne crois pas que je vais être très productif. Une petite recherche d’emploi, ce serait bien. Pas que j’y croie encore mais bon, faut bien garnir son dossier en prévision des contrôles. P’tain ! C’te misère ! Et pourquoi j’arrive pas à avoir du taf, moi ? Je ne suis pas plus con qu’un autre. Je ne suis pas handicapé. Ok, j’ai merdé à l’école. Puis, quelques années plus tard, j’ai fait deux ou trois conneries qui restent gravées dans mon casier judiciaire. J’étais jeune, un peu rebelle. J’me sentais pas concerné par la société, les autres, l’avenir. J’avais d’autres aspirations, sans trop savoir lesquelles non plus. Et en ce temps-là, personne n’a su me parler comme il fallait. Personne n’a su me faire prendre conscience des absurdes réalités de ce monde. Mais est-ce que tout ça, c’est une raison valable pour que je me retrouve sur le carreau toute ma life ? Est-ce qu’on n’a pas une seconde chance, normalement ? Non, apparemment, c’est du foutage de gueule. Ou alors, c’est juste moi qui n’y ai pas droit. J’ai fait les mauvais choix, j’me suis planté et je vais le payer jusqu’au bout. Logique.

Alors là, quand je parle comme ça aux gens, y a toujours un crétin qui me demande : « Mais tu ne t’inscrirais pas à une formation ? ». Comme si je n’y avais pas pensé avant toi, bouffon ! Tu ne crois pas que si les formations, ça pouvait sauver le monde, ça se saurait ? Parce que dans ma région, vu les listes d’attente de 2 ou 3 ans pour obtenir une place dans celles qui permettent vraiment de décrocher un job ; vu où se trouvent les centres, délocalisés dans des zonings ou des coins paumés, difficiles d’accès… Eh bien, moi j’te l’dis : c’est pas gagné !

Une crampe soudaine à l’estomac et des gargouillis de plus en plus insistants me rappellent que je n’ai encore rien avalé depuis mon réveil. Je traîne ma carcasse jusqu’au frigo. Bien évidemment, aucune bonne fée n’est venue le remplir pendant la nuit. Bon, va falloir descendre à la supérette…

Je suis remonté vite fait avec une boîte de thon, un pot de mayo « premier prix » et une bouteille de flotte. Ouais, les courses, c’est expéditif quand on est chômeur. Avec les fins de mois qui tombent le 15 au lieu du 30, on n’a pas le souci d »hésiter entre un chateaubriand de bœuf ou une souris d’agneau.

Après mon plantureux repas, je me suis jeté à nouveau sur le lit. T’façon, j’ai rien d’autre à foutre. Quand je pense qu’il y a des mecs qui disent qu’on profite du système… Bon, c’est vrai, parfois, c’est cool d’avoir ni dieu ni patron. Mais franchement, tu crois vraiment que vivre avec une alloc’ de chômage, c’est l’éclate totale ? Tu crois que ça rend riche et épanoui ? Parce que je sais pas toi mais moi, me contenter de regarder les vitrines au lieu d’entrer dans les magasins et d’acheter, c’est pas ça qui m’émoustille, tu vois. Toi, ton job, il t’a permis d’obtenir une baraque, une femme, des mioches, une bagnole et le clebs qui va avec. Moi, je le ferais vivre où et avec quoi, mon môme ? Et puis, faudrait déjà que je trouve une meuf (comprendre : une meuf valable, pas une cassos) qui m’accepte et veuille m’en faire un. Et le regard des autres, tu crois qu’il n’est pas pesant ? « Tu fais quoi dans la life ? », « Ah ! Chômeur… » Trop valorisant comme job !

D’ailleurs, assez cogité ! Il est temps que je me bouge un peu. Je prends le journal gratuit que j’ai ramassé dans le hall d’entrée. Tiens, une annonce pour un ouvrier de pompes funèbres. Ouais, ce serait pas mal, ça. Pour la société, je suis déjà mort alors ce serait plutôt ironique d’avoir un taf où on met les autres en terre, non ?

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Bouh !

14 mars 2012 at 23:13 (Billets d'humeur (bonne ou de chien si j'ai pas fait ma grass' mat'))

Vous êtes vous déjà demandé quel est le sentiment qui régit le plus votre vie, la vie de chacun d’entre-nous ? Votre première idée va peut-être vers l’amour (la quête du partenaire idéal, par exemple). Ou l’ambition (de faire carrière…). Mais moi, désormais, je ne crois plus que ce sont ces pulsions qui ont la plus grande influence sur nos décisions et nos actes.

Creusez un peu… Encore… Plus profondément… Beaucoup plus profondément (Oups ! Fais noir là dedans, pas vrai ?).

***

Assise sur ma chaise, j’attends sagement que l’exercice imposé par le formateur en GRH commence. Il s’agit de simuler l’entretien d’évaluation d’un employé « à problèmes », sur base d’un cas vécu. Le rôle du supérieur hiérarchique est tenu par la directrice d’un service administratif et celui de l’employé est joué par une collègue d’un autre département. Celle-ci connaît bien le spécimen dont va s’inspirer la saynète puisqu’elle l’a côtoyé également pendant quelques mois.

Le dialogue commence. J’écoute, j’observe. Au fur et à mesure, je réalise que la supérieure s’écrase devant l’employé « difficile ». Là où elle devrait poser des limites, elle se répand en justifications inutiles, qui toutes, la mettent à nu, trahissent son manque de confiance en elle. Je suis sidérée. Cette femme, qui a le pouvoir d’agir, est déstabilisée par son employé, qui ne semble être en réalité qu’un vil manipulateur alternant à loisir menaces de démission et chantage affectif (« Que feriez-vous sans moi ? »). Mais bon dieu ! Qu’est-ce qui empêche la supérieure de mettre le holà à cette situation ? La peur ! Une peur purement psychologique, irraisonnée. Elle ne courrait aucun risque à rétablir son autorité. Au contraire même, elle aurait tout à y gagner, et en premier lieu, la paix de l’esprit. Pourtant, elle ne trouve pas la force de recadrer son adversaire et de surmonter son appréhension.

Après avoir été témoin de cette scène absurde, je me suis mise inévitablement à cogiter sur l’emprise de la peur dans les multiples aspects de notre vie quotidienne. De ce que j’en connais, ce sentiment est avant tout un réflexe primitif qui est sensé nous permettre d’éviter les dangers et donc de survivre. Or, curieusement, il semblerait que pour nombre d’entre-nous, ce soit devenu plutôt un frein inhibant notre épanouissement personnel. Parce que, quand on y songe, nous sommes pétris de peurs de toutes sortes. Beaucoup sont certainement tout à fait justifiées. Passer outre ces avertissements nous mettrait en danger. D’autres, pourtant, sont parfaitement exagérées, voire toxiques, quand on ose y regarder de plus près. Mais autant nous demander d’escalader l’Everest (et même que je suis sûre que certains préfèreraient encore un trip de ce genre).

Moi, je n’ai plus envie de vivre une existence dominée par la peur. Bien entendu, je la ressens encore souvent. Mais j’essaie de faire la part des choses et de voir si mon intérêt réel ne se trouverait pas au-delà. Cela ne veut pas dire que je fonce comme un taureau, non. De nature prudente, je tâte généralement le terrain avant d’y mettre le pied. Mais quand ça me semble fiable, j’essaie de lâcher la bride. Et chaque fois que j’arrive à aller au-delà de ma peur, je me sens libérée d’un poids. J’ai même parfois l’impression d’avoir gagné aussi un peu de vraie liberté. Si ça, c’est pas une motivation qui en vaut la peine…

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Petite comptine sympathique à fredonner d’un air enjoué par une matinée ensoleillée…

21 janvier 2012 at 20:05 (Hors catégorie)

Si j’devais crever demain,
Personne n’en saurait rien
A la rigueur, ça f’rait peut-être juste pleurer mon chien
Au moins j’aurai la politesse de n’pas emmerder l’monde
Quand je glisserai dans la tombe.

En fait, quand on y pense,
C’est là que la vie prend vraiment son sens :
Au lieu de vainement pomper l’air
On engraisse les vers de terre

Mais j’vais pas crever demain
Parce que personne n’en saurait rien
C’est vrai, tant qu’à passer l’temps jusqu’au jour de ma fin
Autant que ce soit à emmerder l’monde
Au moins, ça f’ra des heureux quand je glisserai dans la tombe…

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Abracadabra… Bonne année !

3 janvier 2012 at 00:04 (Billets d'humeur (bonne ou de chien si j'ai pas fait ma grass' mat'))

Tous les ans, ce même malaise à l’approche des fêtes de fin d’année. Pourtant, je les aime bien. Des réminiscences de mes souvenirs d’enfance peut-être. Et puis, toutes ces illuminations dans la nuit. Même si en fait, c’est banal (ou carrément kitsch parfois), je me laisse toujours charmer comme une petite fille.

Mais il y a une ombre au tableau. Une ombre qui me pèse. La première chose qui me chiffonne dans le concept des festivités de Noël et de Nouvel An, c’est leur caractère convenu et quasi obligatoire. Ce sont censés être des moments dédiés à la joie et, paradoxalement, ça les rend encore plus tristes pour ceux qui sont laissés sur le côté. C’est donc juste une vaste comédie humaine. Même si on n’en a pas envie, ces jours-là, on fera bonne figure pour ne pas gâcher la fête des autres. Et l’on souhaitera ses bons vœux à tout va…

Les bons vœux, parlons-en aussi. Personne n’y croit vraiment, dans le fond. Ils relèvent plutôt de la superstition, de la pensée affectueuse. Et moi, ça me gave. Ça me gave de souhaiter une année meilleure aux gens auxquels je tiens alors que, pour ceux qui sont dans la mouise, je sais que ce n’est pas ça qui les sortira de leur galère. En réalité, à ce moment-là, je me sens terriblement impuissante… Je préférerais tellement que les bons vœux soient une formule magique, une formule miracle, qui leur apporte l’apaisement. Mais ça ne reste que des mots…

Non, définitivement, je n’aime pas souhaiter la bonne année.

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